Petits mots en passant...

18 octobre 2013

Lectures d'été [2]

Dans la famille des albums vite lus, vite fermés, il faut quand même distinguer celui que Gabriel fermait pendant que j’essayais désespérément de le laisser ouvert, ceux que Gabriel fermait en le laissant faire et celui que nous fermions tous les deux en chœur.

 

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Tout autour de moi, Clotilde Perrin,

Rue du Monde, 9782355041129, 18.00 euros

En librairie, Tout autour de moi est typiquement le genre d’album qui ne se vend pas tout seul en le posant sur une étagère. D’abord par son format atypique, ensuite par sa couverture qui donne tout de suite le ton de l’univers graphique et enfin par l’intérieur qui déstabilise. Cet album défie les lois de la physique car il a la faculté de transformer un carré en rectangle puis en rond. Un album à 360 °C, ça se mérite. Imaginez une table ronde sur laquelle est ouvert le livre, imaginez-vous faire le tour de cette table les yeux posés sur la page, imaginez une histoire différente racontée à chacun de vos pas. Ce qui apparaît comme un désordre indescriptible au premier coup d’œil est en fait un tour de magie. Clotilde Perrin vient titiller notre ouverture d’esprit, le temps  de s’affranchir des limites du réel pour plonger dans le souvenir de notre vie de bébé, quand, couchés sur le dos, nous voyions le monde à 360°C... 

Noyé dans la pile de livres empruntés à la bibliothèque, Gabriel n’a pas été touché par la magie de Clotilde Perrin. Les éditeurs le conseillent à un enfant dès 2 ans et j’approuve ce conseil. Un format carré de 30 cm, tout carton, adapté aux petites mains. Un univers qui saura combler le regard curieux et l’esprit ouvert des plus petits. 

Pour aller plus loin, lisez les critiques de

- la soupe de l’espace

- les sandales d’Empédocles

- les lubies de Ludi 

Et visitez le site de Clotilde Perrin.

 

 

 

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       La pomme rouge, Kazuo Iwamura,                            Boris l’ours au grand cœur, Catherine Meyer

  Ecole des Loisirs, 9782211201025, 12.20euros         Albin Michel, 9782226193582, épuisé

Plus on est d’amis et plus on apprécie... ce qu’on mange ! C’est drôle comment les histoires de partage mettent presque toujours en scène des animaux et de la nourriture. C’est peut-être pour cette raison que Gabriel ne s’est pas attardé sur ces histoires, trop éloignées de son réel. Peut-être aussi parce qu’il a déjà dans sa bibliothèque une histoire similaire et qu’il a fait le tour de la question.

Dommage... Car les univers graphiques d’Iwamura et de Meyer méritaient son attention. Il émane des dessins au crayon en noir et blanc d’Iwamura beaucoup de douceur dynamisée par le rouge éclatant de la pomme. Et je suis particulièrement sensible aux dessins de Meyer : de la couleur pour la vitalité, de l’aquarelle pour la douceur et des points de vue inhabituels pour l’originalité.

La pomme rouge fait partie des chouchous des libraires et des parents :

- la soupe de l’espace

- l’accro des livres

Pour rentrer plus en détails dans les dessins de Meyer, cliquez sur les vignettes.

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Un tout petit coup de main, Ann Tompert (texte), Lynn Munsinger (illus),

Ecole des Loisirs, 9782211042710, 5.60 euros

En cherchant d’autres avis à faire partager sur Internet, je me suis aperçue que cet album est le support pédagogique de plusieurs écoles : images séquentielles, étude de texte, lecture et même mathématiques.... Mais vous n’êtes pas obligés d’attendre que votre enfant le découvre à l’école !

Un tout petit coup de main, c’est l’histoire d’un éléphant et d’une souris qui s’amusent au square, au toboggan, au portique puis à la balançoire (celle qui bascule). Ben oui, vous voyez tout de suite où est le problème n’est-ce pas ! C’est exactement le même lorsque vous jouez vous-même à la balançoire avec votre enfant : il reste bloqué en haut, ses pieds ballotant dans le vide, pendant que vous êtes les fesses par terre les jambes recroquevillées, les genoux dans le nez... Sauf qu’à tout problème existe une solution ! Et pour Ann Tompert, la solution c’est de faire intervenir d’autres animaux pleins de bons sentiments, qui chacun à leur tour grimpent et se serrent sur la balançoire. L’idée est bonne sauf qu’une fois tous les animaux installés, la balançoire ne bascule toujours pas... Que faire ? Alors que les animaux résignés s’apprêtent à descendre, arrive une mouche, qui fatiguée, décide de faire une pause au sommet de la pyramide d’animaux et.... Vous imaginez la suite ! 

J’ai beaucoup aimé cette histoire, saine et drôle. Mon seul regret est le format minuscule du livre. Quatre ou cinq fois plus grand, les enfants pourraient, à mon avis, saisir tout le comique de la situation en voyant les animaux agglutinés sur la balançoire.

 

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Le crocodile qui avait peur de l’eau, Christine Beigel (texte), Hervé Le Goff (illus),

Gautier Languereau 9782013935081, 6.90 euros

J’avais déjà parlé de la collection Mamie Poule raconte ICI, et séduite par les gros mots du koala, j’ai acheté (sans le lire) Le crocodile qui avait peur de l’eau.

Au départ, les auteurs ont une bonne idée. Un crocodile qui a peur de l’eau et qui pete littéralement de trouille. Ça pourrait être drôle si.... Si le scénario n’était pas si déroutant. Après plusieurs lectures du texte, j’ai toujours l’impression qu’il manque une page pour comprendre la fin de l’histoire. Ça pourrait être drôle si... Si elle n’était pas autant oralisée. La mamie poule n’arrête pas de faire des commentaires : « Ayé ? Bien. Quoi ? Qu’y a-t-il ? Le flamant. Vous ne le voyez pas ? Normal. Le ouistiti non plus ? Normal. Ils sont derrière le rocher. Quel rocher ? L’éléphant ! Oh ! il faut tout vous dire... Mais chut ! il ne faut pas le répéter d’accord ? » Et sincèrement... Que vient faire le petit chaperon rouge dans cette histoire ?? Je ne sais pas ce qu'en pensent ses petits-poussins mais moi je suggèrerais bien à Mamie Poule d’aller se reposer un peu... 

Dans le prochain épisode des lectures d’été : les livres lus, relus , rerelus, rererelus, rere..... !! 

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11 octobre 2013

Lectures d'été [1]

Mai.... Juin.... Juillet.... Août..... Septembre..... Octobre..... Et si j’écoutais les sages conseils de La Fontaine ? Vite, arrêter de courir après le temps, lui laisser une longueur d’avance, et prendre le risque de le laisser gagner pour ne pas avoir à le perdre... Se retourner, faire un tour dans le passé, replonger dans l’été et se souvenir de nos lectures pour les faire partager.

Vu la quantité de livres qui a défilé dans notre bibliothèque cet été, je me vois obligée de faire un classement. Commençons donc par les documentaires.

 

 

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Dinosaures,Stephanie Stansbie,

Milan, 9782745935328, 22.50 euros

Avant d’être mère, quand je regardais les autres parents et leurs enfants, je me disais que je ferai tout mon possible pour éveiller mon enfant à la mixité, pour lui donner une éducation la plus « asexuée » possible. C’était sans compter sur notre formidable société dans laquelle il est presque mission impossible de trouver du rose dans les rayons de vêtements pour petits garçons, dans laquelle les magasins de jouets cloisonnent les rayons non plus en fonction de l’âge mais en fonction du sexe, dans laquelle il est impossible d’éradiquer l’association : fille = Princesses, Hello Kitty, cheval ; garçon = Cars, Spiderman et dinosaures !! Mais d’où leur vient donc cet intérêt pour un animal qu’ils n’ont jamais vu et qu’ils ne verront jamais ?! Et pourquoi les filles, elles, s’en désintéressent totalement même si elles ont la possibilité de jouer avec ?! Etant donné la difficulté de trouver une réponse à cette question, j’ai décidé de lâcher prise et de rejoindre le rang de parents de ces petits garçons fans de tyrex et cie...

Si trouver des livres sur les dinosaures est enfantin, trouver un bon livre est en revanche beaucoup plus difficile. Gabriel a toujours été plus sensible aux imagiers et documentaires proposant des illustrations réalistes. Or, quand l’enfant ne sait pas lire (avant 6 ans), on ne trouve pratiquement que des documentaires aux illustrations simplifiées avec peu de texte. Sauf que Gabriel se fiche pour l’instant des informations techniques de ces bestioles, préférant les observer longuement. En matière de dinosaures, je cherche donc des livres aux rayons des « grands » dans lesquels il y a certes beaucoup de texte mais où les illustrations sont détaillées. Et j’en ai trouvé un qui a satisfait nos exigences.

Un format suffisamment grand pour tenir ouvert sur les genoux, un papier épais, des illustrations de qualité mêlant des gros plans et des mises en situation, des animations ludiques et solides, et un texte facile d’accès qui m’a permis de glisser quelques informations pendant le feuilletage.

Un rapide aperçu du livre ICI.

 

 

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Le peuple d'Océans, François Sarano, Stéphane Durand,

Le Seuil, 9782020997997, 12.20 euros 

Océans, c’est le film de Jacques Perrin. Le livre reprend les images du film pour en faire un documentaire sur les animaux marins. Comme avec les dinosaures, c’est surtout l’observation qui plaît à mon petit homme. Et s’il n’a pas pu se concentrer sur le film qui a un rythme lent, il a en revanche passé beaucoup de temps devant les magnifiques photos du livre.

 

 

 

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Les insectes de mon jardin, Emmanuel Chanut,

Bayard, 9782747015486, 7.90 euros

Je ne connaissais pas cette collection de documentaires et je trouve qu’elle rivalise avec les Kididoc de Nathan. Son petit format carré en fait un livre facilement manipulable. Les illustrations vives et de qualité ont tout de suite attiré Gabriel. Enfin, son système de rabats pour parler d’un seul insecte en une seule page est très ingénieux, d’autant plus ingénieux que le papier est épais et plastifié. Les éditeurs ont pensé à tout ! Pour ce qui est du sujet, j’ai bien la preuve que Gabriel sait aussi s’intéresser à des sujets plus proches de son univers réel. Me serais-je fait trop de souci ?.... Quoi qu’il en soit, c’est avec le même enthousiasme que lui que je me suis plongée dans le monde des insectes et c’est en riant que nous avons appris qu’à peu de choses près, le miel c’était en quelque sorte de la bave d’abeille !!

Un aperçu en cliquant sur la vignette :

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Dans le prochain épisode des lectures d'été, les albums..., vite lus...., vite fermés !

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18 mai 2013

De retour de la bibliothèque... [4]

Le retour du beau temps, l’appel de l’extérieur, des besoins et des envies qui évoluent vite... Bref autant de raisons raisonnables pour en arriver à la conclusion que l’emprunt du mois à la bibliothèque n’a pas reçu un accueil à la hauteur de mes espérances...

 

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Un poisson, Mary Ling,

Gallimard, 9782070316083, épuisé

Un documentaire au format carré, qui rappelle un peu La Grande Imagerie des Editions Fleurus pour la mise en page. A la seule différence que ce documentaire là est illustré aussi par des photos (parfois grandes), critère qui a orienté mon choix. Gabriel étant dans une phase de recherche de connaissances sur le fonctionnement du monde qui l’entoure en général et sur le mode de vie des animaux en particuliers, je me suis dit que ce documentaire pourrait répondre à ce besoin. Mauvaise pioche... Certes le texte est court, bien réparti dans la page mais peut-être encore trop technique pour lui. Trop grand pour s’intéresser aux images, trop petit pour comprendre les informations, ce documentaire s’adresse certainement davantage à un enfant qui a déjà acquis la lecture.

 

 

 

 

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Le monstre de la jungle, Sylvie Poillevé (texte), Hervé Le Goff (illus),

Père Castor, 9782081612488, 13,50 euros

Sylvie Poillevé et Hervé Le Goff, deux noms qui fonctionnent en édition jeunesse (un aperçu de leur travail en cliquant sur leur nom). L’histoire classique d’un animal qui a peur d’un monstre... Sauf que les monstres n’existent pas ! Alors qu’est ce qui fait aussi peur à Planplan l’éléphant ? Une minuscule puce qui fait un boucan monstrueux !! Un texte très oralisé, des illustrations dynamiques, des phrases courtes, une mise en page intelligente, une histoire randonnée vive et drôle qui fonctionne à merveille chez mon petit garçon et à mon avis chez les autres enfants de son âge très sensibles à l’humour.

Plus d'images et un autre avis ici :

- papierdesoie

 

 

 

bisou

Bisou, bisou, Margaret Wild (texte), Bridget Strevens-Marzo (illus)

Bayard Jeunesse, 9782747010467, 10,90 euros

C’est l’histoire d’un (trognon) bébé hippo qui s’en va se promener sans dire au revoir à sa maman. Au fil de la matinée, ce bébé va voir les autres animaux de la savane se faire un bisou et finalement va se rappeler qu’il n’a pas eu le sien. Encore un texte randonnée mais auquel Gabriel n’a pas adhéré. Il me semble que cet album conviendrait à un enfant à partir de 2 ans plus centré sur la relation de tendresse qui le lie avec ses parents. D’un point de vue plus professionnel, je dirais que l’histoire peut à la première lecture sembler un peu longue. Mais cet album mérite néanmoins notre attention. Les illustrations douces et colorées, à la fois simples et détaillées raviront les yeux des petits. Ensuite, le texte est très bien traduit, riche en vocabulaire et en allitérations (« Bébé Hippo s’en va trottiner sur la mousse tendre du talus », « Bébé Hippo s’en va gambader sous les grands arbres verdoyants. »). Enfin, pour les parents les plus créatifs, ils peuvent voir dans cet album, un formidable support pour rejouer l’histoire à l’aide de marionnettes.

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(désolée pour la qualité des photos...)

 

 

 

 

animaux

 

Les animaux sauvages, François Delebecque

Des Grandes Personnes, 9782361930028, 14,50 euros

La bibliothèque de Gabriel héberge son homologue Vroum vroum, sur les véhicules. Je pensais qu’il serait donc ravi de retrouver le même et astucieux système de volets à soulever pour découvrir cette fois les animaux sauvages. Mais non, mon grand garçon a définitivement dépassé l’âge des imagiers, même photos, même animés... En d’autres termes si vous avez un petit bout de 2 ans curieux n’hésitez pas. Ce documentaire bien conçu vous promet des heures d’observation. Les volets sont solides et résisteront (normalement) longtemps à une manipulation même musclée. Les photos sont de bonne qualité et le système de silhouettes développera le sens de l’observation de votre enfant.

Un peu plus d'images et un autre avis ici :

- Alice, de l'autre côté de mon miroir.

 

 

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 L’imagier des petits bonheurs, Marie-Agnès Gaudrat (texte), Helen Oxenbury (illus)

Bayard Jeunesse, 9782747015202, 14,90 euros

Oui... C'est bon... J’ai compris.... Les imagiers, c’est fini.... Mais celui-là, je ne pouvais pas ne pas en parler. Véritable coup de foudre à la bibliothèque, il s’est changé en véritable coup de cœur à la maison. C’est bien simple, celui qui le regarde ce n’est pas Gabriel, c’est moi ! Il faut dire que je chérie les traits d’Helen Oxenbury dont j’espère pouvoir trouver le temps d’en parler plus longuement très prochainement. Je ne sais pas si j’en ai déjà parlé mais j’apprécie les imagiers qui se rapprochent le plus de la réalité, qui replacent les objets et les situations dans leur contexte. L’imagier des petits bonheurs est ce que j’appelle un imagier intelligent. Alors bien sûr que le terme « petits bonheurs » ne s’adresse principalement qu’au parent et qu’on ne demande pas à l’enfant de se sentir tout à coup heureux et reconnaissant de tout ce qui lui arrive dans la journée mais gageons que l’enfant sera content de retrouver dans ces pages, des situations qu’il a lui-même déjà vécu et qui évoque un souvenir sinon heureux du moins agréable. Peut être aussi qu’il y puisera de l’inspiration pour faire de nouvelles expériences (faire de la musique de casserole / faire une tempête dans le lavabo). Peut être enfin que certaines situations donneront naissance à des questions et des explications sur le fonctionnement du monde qui nous entoure. Moi ce que j’aime dans cet imagier, c’est bien le souci de retranscrire la réalité de la vie quotidienne par des menus détails (le soutien gorge qui sort de la panière de linge), les expressions du visage, les situations banales qu’on ne trouve habituellement pas dans un livre parce qu’elles seraient trop gênantes ou dénuées d’intérêt (faire le sous marin dans le bain avec papa / faire un chemin de cailloux). Un imagier sain, intemporel, qui dessine un petit sourire d’enfant sur notre grand visage d’adulte...

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(cliquer sur les vignettes pour agrandir l'image.)

20 avril 2013

De retour de la bibliothèque... [3]

Voilà presque un an que ce blog était plongé dans un profond sommeil. Un an, c'est le temps que met notre chère planète pour faire le tour du Soleil, c'est aussi le temps qu'il m'a fallu pour faire le tour de moi-même, et repartir dans une autre direction. Me voici de retour avec grand plaisir !!

Pour reprendre le chemin du blog, voici un petit bilan des emprunts du mois à la bibliothèque.

 

koala colère

Koala colère, Karen Van Holst Pellekan (texte), Vera De Backker (illus.)

Kaléidoscope, 12,20 euros, 9782877672436

Je n’ai pas lu l’histoire de cet album avant de l’emprunter, et j’aurais dû. Attirée par le titre qui en ce moment est plus que jamais d’actualité à la maison, je me suis laissé tenter par cet album « médicament », et je n’aurais pas dû... Le début de l’histoire est somme toute assez classique, un petit koala en colère parce que sa maman ne veut pas lui faire de câlin, part et trouve refuge dans la poche d’une maman kangourou endormie. Forcément au réveil de madame Kangourou, il faut retrouver la vraie maman du petit koala. Mais comment est-elle ? Et là, grâce aux réponses du petit koala, madame kangourou va lui proposer différents animaux. Voilà les réponses que le koala fait au kangourou : méchante, ne s’occupe plus de moi, se plaint beaucoup, fourrure toute douce, joli petit museau, gentille et câline. A chaque réponse est donc associé un animal. Bon, si je comprends la logique de l’histoire, qui montre la colère du koala qui diminue au fur et à mesure, et si je salue au passage, les réactions bienveillantes et sans jugement de madame Kangourou, je ne comprends pas l’association à certains animaux. Par exemple, à « méchante » est associé un iguane. (Pauvre maman iguane...) La chute ne me plait pas franchement non plus car quand le koala retrouve enfin sa mère, il ne retrouve pas un câlin mais... un petit frère blotti dans les bras maternels. Pour moi, il y a trop d’aspects traités dans cet album : la colère, l’arrivée d’un petit frère, les associations (illogiques) de traits de caractère avec des animaux... L’enfant s’y perd. Et pour preuve, Gabriel n’a vraiment pas du tout accroché.

 

 

pie poirier

Y’a une pie dans l’poirier, Martine Bourre,

Didier Jeunesse, 11,50 euros, 9782278064809

Ah Martine Bourre... Un nom à découvrir, un nom à retenir. Elle aura bientôt droit à un post rien que pour elle tellement il y a de belles choses à dire sur elle ! Alors quand Martine Bourre est mandatée par les éditions Didier Jeunesse et plus particulièrement par la collection Pirouette qui reprend des chansons classiques en inventant une suite, ça donne « une pie dans l’poirier » absolument géniale ! (Au passage profitez en pour visiter le site des éditions et découvrir la collection en cliquant sur le lien ci-dessus).

L’univers graphique de l’auteur est un mélange subtil de douceur et de vivacité, de délicatesse et de dynamisme. Des couleurs vives, lumineuses, et douces à la fois. Quant au texte, elle réussit à trouver une suite originale et pleine d’humour à la célèbre chanson. Gabriel, qui adore qu’on lui chante des chansons avait déjà beaucoup apprécié cet album quand il est sorti en librairie et l’a retrouvé avec plaisir.

 

 

meunier

Meunier, tu dors..., Anne Letuffe,

Didier Jeunesse, 11,50 euros, 9782278054497

Un autre titre de la collection Pirouette. Un autre auteur avec un autre univers graphique qui m’a bien plu aussi. Un mélange de collage, peinture et croquis. Gabriel a moins accroché pour ce titre, peut être un peu trop long. Pourtant l’histoire tient la route et est même assez drôle. Un titre qui reviendra sûrement nous rendre visite à l’occasion.

 

 

grand singe

 Toi, grand singe, Martin Jenkins (texte), Vicky White (illus)

Gautier Languereau, 14,59 euros, 9782013914963

Un album documentaire sur les grands singes signé Gautier Languereau gage d’une grande qualité. Quelques renseignements utiles mais surtout... des illustrations absolument magnifiques ! La couverture est un chef d’œuvre : elle donne tout de suite envie d’ouvrir le livre. Et l’intérieur est encore mieux... Les dessins sont d’un réalisme poignant, ils donnent envie de les contempler pendant des heures. Tiens, le chimpanzé ne vient il pas de me faire un clin d’œil ? Gabriel, contaminé par mon intérêt, a donc passé un long moment les yeux plongés dans ceux de ses chers cousins. Pour avoir un aperçu du formidable travail de Vicky White c'est ICI. Avis aux intéressés, ce livre est épuisé en France.

 

 

 

brins d'herbe

3 petits brins d’herbe, Nadine Brun-Cosme (texte), Aline Bureau (illus.)

Père Castor, 13,50 euros, 9782081206311

Un album d’une grande qualité tant au niveau du texte que des illustrations, que de la mise en page intelligente et réfléchie. C’est l’histoire d’un petit lièvre (mignon à croquer), qui comme il est encore petit ne sort pas de son terrier. Mais ce n’est pas grave puisque au bord de son terrier, il y a 3 brins d’herbe qui le rassurent et le distraient. Et puis un jour, un premier brin d’herbe profite d’un souffle de vent pour descendre la colline. Et puis un autre jour, un deuxième brin d’herbe s’envole à son tour. Avec le dernier brin d’herbe comme refuge, le petit lièvre décide d’aller voir plus loin que le bord de son terrier. Et le jour où le troisième brin d’herbe disparaît tout à fait, le petit lièvre est enfin prêt ! Un livre pour aborder la question du "quand je serai grand grand grand" (pour reprendre une expression favorite de Gabriel), tout en finesse et en poésie, superbement illustré,..... que Gabriel n’a malheureusement pas aimé... Je pense qu’il n’a pas compris l’histoire finalement trop subtile. Il aurait peut-être fallu que je lui explique davantage mais j’avoue, qu'en ce moment, je suis assez victime d’attaques de "pourquoi" aussi divers que variés pour trouver en plus le courage et l’énergie de répondre à des questions auxquelles il n’a pas pensé.
Pour avoir un deuxième avis, visitez le blog Oeil d'ailleurs, à qui j'ai emprunté les photos. J'en profite pour saluer la qualité de ce blog.

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lion des hautes herbes

 

Le lion des hautes herbes, Ruth (texte) et Ken (illus.) Brown,

Gallimard Jeunesse, 12,95 euros, 9782070538713

Gabriel et les lions c’est une grande histoire d’amour alors forcément je n’ai pas résisté longtemps à l’envie d’emprunter celui-là. Et quel succès !! Il a fallu le lire 2 fois de suite 2 fois par jour pendant 4 jours... Une lionne part chasser et cache son petit dans les hautes herbes. Le lionceau resté seul se retrouve nez à nez avec un vieux lion énorme. Le lion prend alors le petit sous sa protection et passe la journée avec lui. Mais les lois de la savane sont impitoyables, un lion plus jeune et plus fort le provoque. Obligé de se battre, le vieux lion épuise ses dernières forces pour sauver le lionceau. Sorti vainqueur, le vieux lion se couche enfin. Et quand la lionne revient de la chasse, elle récupère son petit  blotti dans les pattes du vieux lion qui ne se relèvera pas. Une histoire touchante qui aborde la vieillesse et la mort avec beaucoup de délicatesse mais pas seulement. On y trouve aussi de l’amitié, de l’entraide, de la rivalité, et de la vie surtout. Enfin, les illustrations à l’aquarelle sont à la fois pleines de réalisme (avec un jeu de lumière absolument exceptionnel) et adaptées aux scènes de l’histoire. Une très belle découverte donc, que je pense Gabriel sera content de retrouver de temps en temps.

 

 

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Charles à l’école des dragons, Alex Cousseau (texte), Philippe-Henri Turin (illus),

Seuil Jeunesse, 20,10 euros, 9782021005608

C’est assurément un remarquable travail qu’ont accompli ces deux auteurs. Le texte, d’une très grande qualité littéraire s’associe à merveille aux illustrations fantasmagoriques. La taille de l’album elle-même s’adapte parfaitement à l’histoire. J’en avais entendu que du bien, et c’est vrai qu’il est bien cet album mais il se trouve rangé dans la catégorie des albums pour les grands ; autrement dit pour enfant de plus de 6 ans. J’imagine alors toute la difficulté pour un album de ce genre à trouver une place de choix dans les foyers. Un album, c’est (dans la majorité des cas) une histoire qu’on lit à haute voix à un enfant qui ne sait pas lire tout seul. Une fois la lecture acquise, l’enfant passe à un livre plus petit avec moins d’illustrations. Peut-être alors que la solution se trouve dans l’école. Si une maitresse ou même un maitre tombe sous le charme du petit Charles alors il peut en découler un formidable travail sur la poésie (il y a du Baudelaire dans les poèmes de Charles!), sur les illustrations mais aussi sur toutes ces valeurs chères à l’école : la tolérance, l’amour, l’estime de soi, l’entraide, le dépassement de soi. Avec un peu de motivation et de subtile pédagogie, Charles trouverait peut-être même sa place dans les rangs du collège car en seconde lecture, l'auteur aborde le délicat sujet de la dépression enfantine o combien d’actualité avec l’utilisation des réseaux sociaux. Bon... mais autant vous dire qu’à la maison, du haut de ses 3 ans, Gabriel n’a pas du tout été impressionné par Charles, qu’il a daigné y jeter un bref coup d’œil pour le délaisser sans regret. Patience Charles... Moi je ne t'oublie pas !

D'autres avis à lire et des illustrations à agrandir en cliquant sur les vignettes :

- le blog Papier de soie

- le blog 1pageluechaquesoir

 

charles 2  charles 3

 

Et voilà... C'est terminé ! Mais je reviendrai avant l'année prochaine, c'est promis !

15 mai 2012

Le tour du monde en parapluie ***

Si je devais partir sur une île déserte en amenant qu’un seul livre de la bibliothèque de Gabriel, je choisirais sans hésitation cet album.

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Le parapluie, Ingrid & Dieter Schubert,

Mijade, 9782871427513, 11,50 euros

Ne sous estimez jamais le pouvoir des albums sans texte : une image pour une infinité d’histoires. Depuis le temps que Le parapluie a signé son CDI dans la bibliothèque, je ne l’ai pas lu deux fois de la même manière.

Au commencement est... la couverture. Une véritable réussite. Le genre de couverture qui joue comme un aimant dans le rayon des albums (pour peu que le livre soit en facing). Une conception dynamique et efficace qui suit parfaitement le sens de lecture d’une image. Le jaune éclatant et le parapluie rouge dans le milieu gauche attirent irrésistiblement le regard. Le chien noir invite ensuite le lecteur à découvrir la girafe aux yeux curieux et rieurs. Le titre enfin, rouge lui aussi, mais d’une simplicité frappante.

Ensuite, puisqu’il s’agit d’un album sans texte, pourquoi ne pas commencer l’histoire dès la couverture tournée ? Ainsi là où habituellement les pages sont blanches, Ingrid et Dieter Schubert, plantent le décor : dans un jardin, vers la fin de l’automne, en fin de journée, alors que le vent souffle fort, un chat et un chien se promènent. Quand le chien découvre un grand parapluie rouge oublié contre un arbre.

Forcément, ouvrir un parapluie par jour de grand vent n’est pas sans risque. Le risque principal étant de s’envoler avec. Commence alors pour le chien le plus merveilleux de tous les voyages. Au gré du vent, ce voyageur inattendu va découvrir le monde, sa beauté et ses dangers, pour finalement revenir à la maison où son ami le chat l’attend. Le chat qui trouve désormais lui aussi le parapluie fort à son goût...

Chaque double page est une histoire à elle toute seule où fourmillent mille et un détails qu’on découvre au fur et à mesure des lectures. Il suffit d’ouvrir le livre pour entendre le bruit du vent, le rugissement du lion, le chant de la baleine, le battement d’ailes du pélican, le vol silencieux des chauves-souris... Les illustrations sont d’un tel dynamisme, qu’on croirait presque voir bouger les images.

Pour faire court, en deux mots : j’adore !

Pour finir de vous convaincre de vous le procurer, en plus du feuilletage (en cliquant sur la couverture), je vous offre quelques planches. Bon voyage !

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Plumes magiques

C’est comme une envie de sortir du chemin et de marcher dans l’herbe, comme une envie de commencer par le dessert. Aujourd’hui j’ai une envie d’autre chose.

 

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Pas de ciel sans oiseaux, Rémi Courgeon,

Mango, 9782740428436, 12,90 euros

Pas de ciel sans oiseaux, c’est une invitation au voyage, dans un monde où la magie côtoie le quotidien, où la magie née des mains. Avec Victor et Augustin, la mort fait certes partie de la vie mais elle devra attendre encore un peu.

Les mains d’Augustin savent presque tout faire, c’est d’ailleurs pour ça que Victor vient frapper à sa porte. Dans les mains du jeune garçon, un oiseau mort qu’il faut réparer. Oh jeune Victor, certaines choses ne se réparent pas... mais on peut toujours essayer...

Un album différent dans lequel on parle d’amitié, de vie, de mort, d’oiseaux bien sûr et d’un poisson. Un texte qui se lit comme un conte, qui invite à la réflexion. Pas de ciel sans oiseaux fait partie de ces albums qui ne peuvent pas se vendre. Le libraire peut seulement le déposer dans vos mains et attendre de voir si la magie opère. Un livre qui ne touche pas souvent mais qui touche pour longtemps.

Sans être un coup de cœur, je salue le talent créateur de l’auteur. Un texte qui m’interpelle, et des illustrations qui m’offrent une escapade dans le monde des rêves et de tous les possibles. Un album qui me donne envie d’y croire.

Des extraits et des critiques par ici:

- le blog de l'auteur Rémi Courgeon

- l'avis de 1pageluechaquesoir

- l'avis de leslecturesdemarie

D'autres extraits par là :

ciel oiseaux 2  ciel oiseaux 3  ciel oiseaux 4  ciel oiseaux 5

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14 mai 2012

L'éducation consciente dans l'air du temps...

L’éducation, tout comme les vêtements, la décoration intérieure ou la cuisine suit la mode et l’air du temps. Les librairies ont donc vu arriver ces deux dernières années sur leurs étagères, de plus en plus de livres sur l’éducation et notamment l’éducation consciente ou plutôt non violente. Ainsi, vous trouverez de plus en plus de livres dont le titre contienne ces mots : non violent, sans cris, sans fessés, rester zen, dire non...

Depuis que je suis devenue maman et que je me suis intéressée de près à l’éducation consciente, j’ai tendance à oublier mon esprit critique et mon libre arbitre devant des lectures d’article ou de livres traitant du sujet. Mon conjoint m’a donc mis en garde et m’a très justement dit ceci : « Tu sais, derrière ces livres, il y a une mode et surtout il y a des gens qui veulent se servir de cette mode pour faire de l’argent. Ecrire un livre, c’est comme faire un tube, il faut remplir certains critères de longueur, de tonalité, de mots. Pour tes livres c’est pareil, il faut un nombre minimum de pages pour justifier un prix, donc les auteurs font du remplissage. » Je dois admettre après réflexion que son argument tient la route. Combien de fois en lisant un roman, je me suis dit que ce paragraphe franchement on aurait pu s’en passer. Me voilà donc après cette discussion avec un regard neuf sur ma bibliothèque de maman consciente. Et paradoxalement, ce regard en devenant plus critique est aussi devenu plus tolérant et donc plus expérimenté. Explications...

Je viens de terminer la lecture de 100 façons de se faire obéir (sans cris ni fessées). Dès le titre, on peut classer ce livre dans la catégorie « éducation consciente ». Pourtant, (et j’y reviendrai plus longuement après), certaines « façons de se faire obéir » sont bien loin de mes attentes (punitions, isolement, mensonge, chantage...). Sur le coup, je le reclasserai bien dans la catégorie « éducation traditionnelle ».  Mais avec le recul, et grâce à la remarque de mon conjoint, je me suis dit finalement qu’il n’y a pas de « mauvais » livres sur l’éducation, il n’y a que des « bons » produits correspondant à un public de parents différents. Je me dis aussi qu’un client achèterait ce livre surtout parce que c’est la mode plutôt que par réelles convictions. En effet, j’imagine que tout parent sensibilisé par une éducation consciente, se renseignerait avant sur les livres existant en consultant les blogs et autres sites sur Internet et 100 façons... ne figurerait très certainement pas sur la liste.

Cependant, loin de jeter la pierre à ce genre de livre, je revendique même leur création. Car tout livre traitant d’éducation respectueuse vaut la peine d’être lu et que peu importe si le client l’achète pour suivre une mode dans la mesure où il le lit, il y a de fortes chances pour qu’il adhère aux idées, qu’il essaye et qu’il décide d’aller plus loin.

100 facons

100 façons de se faire obéir (sans cris ni fessées), Anne Bacus

Marabout, 9782501076487, 15,90 euros

En lisant 100 façons... j’avais avec moi un petit papier séparé en deux colonnes « positif » et « négatif ». Je m’en suis servi pour répertorier les conseils, les expressions, les idées utiles pour juger ce livre. Au risque de paraître trop scolaire, je n’ai pas trouvé d’autre façon de vous présenter ce tableau qu’en commençant par les points négatifs pour finir par les positifs.

Ce qui me dit NON :

Dans l’ensemble du texte (sauf dans la dernière partie), le manque d’exemples concrets de choses à faire ou à dire. L’auteur donne plutôt des exemples de choses que l’on fait généralement et qu’il ne faudrait plus faire sans donner d’autre solution.

Dans les exemples concrets, l’auteur conseille de citer le prénom de l’enfant avant chaque ordre. J’ai moi-même tendance à le faire et je me rends compte que je ne prononce Gabriel quasiment que pour lui donner un ordre. J’essaie donc de me corriger, surtout qu’étant le seul enfant dans la maison, il ne peut y avoir de confusion...

Le manque d’interaction avec l’enfant pour qu’il trouve lui-même la solution à un problème, à une bêtise. C’est le parent qui a le dernier mot et qui choisit par conséquent la punition ou la récompense.

Soutenir la personne qui punit (surtout si c’est un enseignant) ou qui fait une remarque quitte à en discuter... avec l’adulte (et non avec l’enfant) plus tard.

L’auteur n’insiste pas assez à mon goût sur les émotions de l’enfant face à une situation et leur légitimité.

L’utilisation du compte à rebours (1... 2... 3...) ne me paraît pas assez claire et trop propice à des débordements. Pour preuve, l’auteur elle-même a recours à des variantes. Si le 1... 2... 3... ne marche pas du premier coup, le refaire en aggravant les conséquences (plus de temps dans la chambre, privation d’autre chose). Parfois, la situation exige de dire tout de suite 3 (comme taper quelqu’un ou casser quelque chose). Je ne vois pas comment l’enfant pourrait intégrer la règle de ce principe étant donné qu’elle est amenée à changer.    

Le recours à la punition, la récompense et l’isolement. L’auteur préconise d’utiliser la récompense comme finalité d’un contrat passé entre le parent et l’enfant. Chacun veut quelque chose de différent et troque le service contre l’autre. Personnellement, je trouve ce fonctionnement peu logique et je lui préfère la résolution de problème (qu’elle conseille également plus tard). Quand survient un problème récurrent, il me semble plus judicieux de travailler ensemble sur le problème en question (le rangement de la chambre) plutôt que de chacun  travailler pour soi (ranger la chambre / avoir tel objet). Si je mettais un contrat en place avec Gabriel, j’aurais en plus d’avoir l’impression de l’acheter, l’impression de me battre contre lui pour avoir ce que je veux. Surtout qu’il me semble qu’à long terme ce fonctionnement a de grandes chances de perdre en efficacité. Voici un exemple donné par l’auteur : «  Kim a très envie d’un lecteur MP 3. Ses parents ont discuté avec elle : si sa chambre est maintenue rangée, régulièrement aérée, que l’aspirateur est passé chaque semaine et la vaisselle sale rapportée à la cuisine chaque jour, cela pendant trois mois, Kim aura son lecteur à Noël. » Pour moi la mission de Kim : ranger sa chambre, la nettoyer, ramener la vaisselle propre tous les jours pendant trois mois est insurmontable. Donc il y a de grandes chances pour qu’elle ne s’y tienne pas mais que ses parents lui offrent quand même son lecteur à Noël.

A propos de l’isolement, l’auteur dit « Il est important d’insister sur le fait que le hors-jeu n’est pas avant tout une punition, mais un moment pour se calmer, s’isoler, réfléchir, retrouver ses esprits. » En cherchant la définition du mot punition dans le dictionnaire j’ai trouvé ceci : « Infliger à quelqu'un un châtiment, une peine en expiation d'une faute. » L’isolement est donc bien une punition. Il me semble aussi plus judicieux de s’isoler soi plutôt que d’isoler l’enfant car souvent dans ces cas-là, le plus énervé c’est nous. De plus, si c’est l’enfant qui est hors de lui et qui a besoin de se calmer, il suffit à l’adulte de quitter la pièce ou au pire de mettre l’enfant dans une pièce (sans fermer la porte) en lui expliquant qu’il a le droit d’être en colère mais que ses cris nous gênent vraiment trop.

En ce qui concerne les punitions, je dirais simplement qu’aujourd’hui quoi qu’on m’en dise je remettrai toujours leur efficacité en doute. C’est d’ailleurs ce que concède l’auteur. En fait, je trouve assez « dangereux » de préconiser les récompenses, punitions et isolement dans la mesure où l’auteur insiste sur le fait qu’ils ne sont pas efficaces sur le long terme et qu’il faut les utiliser froidement, sans laisser notre colère nous emporter. Or rien n’est plus difficile quand on est en colère d’agir calmement... Alors à mon avis, dans ces moments-là mieux vaut avoir à sa disposition des habiletés inoffensives plutôt que des armes à manier avec précaution. Pour vous donner un exemple. Dans son livre, l’auteur dit que certains parents trouvent qu’isoler un enfant dans sa chambre n’est pas assez punitif car il a trop de distractions à sa portée. Je comprends aisément cette envie de blesser, de faire mal quand on est en colère, étant donné que je l’ai vécu récemment. Au moment de changer Gabriel pour aller au lit, il me donne une grande gifle bien sonore. Après m’être retenue de le frapper à mon tour, j’ai réussi à lui dire ma colère en criant. Ensuite, il m’est venu à l’esprit de le priver d’histoire avant de le coucher. Puis je me suis ravisée, j’ai fait le point sur la situation et je lui ai dit : « Il est maintenant l’heure de se coucher. Je suis très en colère et je n’ai pas du tout envie de passer du temps avec toi et de te lire une histoire. Je vais donc te laisser lire tout seul et quand je reviendrai, il sera temps de dormir. » Pendant que Gabriel lisait son histoire, je me suis calmée en étendant le linge. De retour dans la chambre, on était calme tous les deux et Gabriel s’est endormi normalement. Le taper ne l'aurait pas empêcher de recommencer plus tard. Le priver d'histoires aurait été une punition sans rapport avec l'acte qu'il a commis et aurait rendu le coucher sinon impossible, du moins long et pénible pour tous les deux. Céder à la violence, tant verbale que physique est super facile alors je ne m’imagine pas punir avec calme et bienveillance.

Et voici ce qui me dit OUI.

Rappeler tout au long du livre que les enfants sont des enfants et que par conséquent leur demander d’être raisonnable est parfaitement illusoire.

Etant donné que c’est dans la majorité des cas l’adulte qui a un problème avec le comportement de l’enfant, c’est donc à l’adulte de faire en sorte que les choses s’arrangent, de trouver les solutions et de se donner les moyens de les mettre en place.

L’auteur conseille aux parents de mettre l’accent sur l’acte qui pose problème plutôt que sur la personne. Elle conseille également d’utiliser « je » et « tu ».

J’apprécie également la mise en garde de la permissivité quand l’auteur dit : « Expliquer n’est pas justifier. L’explication ne vise pas à convaincre que la demande est justifiée, mais simplement à montrer que votre éducation est cohérente et que vos demandes ont du sens. Vous ne cherchez pas l’accord de votre enfant. » C’est aussi quelque chose que j’ai tendance à faire avec Gabriel et que je m’efforce de corriger. Maintenant quand je l’informe de la suite du programme, j’essaie de bannir le fameux « d’accord ? » à la fin de la phrase. Evidemment que dans ces cas-là sa réponse est « Non. » [ben quoi tu me demandes mon avis, je te réponds !]

Donner plus d’attention au positif qu’au négatif dans un comportement.

Reconnaître les émotions de l’enfant et les lui nommer pour qu’il apprenne à mieux se contrôler. Et également la petite phrase « Par l’expression de vos émotions, vous justifiez la sienne. » Ainsi par extension, l’auteur remet aussi en cause l’expression de la violence physique : comment demander à un enfant de ne pas taper si je le tape ?

Mettre en garde contre les dangers de la punition et reconnaître l’efficacité d’autres techniques : « Les punitions ne sont pas une très bonne manière de mettre un terme à un comportement indésirable. Elles vont de pair avec le fait de se fâcher, de gronder, de crier, de menacer, de sermonner, toutes méthodes fréquemment utilisées mais peu efficaces. Si elles sont si utilisées, c’est qu’elles ont le mérite de la simplicité et de la spontanéité. Pour autant on est assez loin d’une véritable éducation à la responsabilité et à l’autonomie. »

Enfin, je dis « oui » à toutes les habiletés que j’ai trouvé dans Faber & Mazlish : humour, choix, valoriser le positif, laisser les conséquences naturelles, éviter les étiquettes...

Mais au bout du compte, qu’est-ce qui va me servir à moi ? Après la lecture de ce livre, j’essaierai de moins prêter attention aux comportements négatifs de Gabriel. Mon challenge est de réagir davantage au positif qu’au négatif en espérant que le dernier tente de moins en moins Gabriel. J’ai aussi mis en place une nouvelle technique que je n’avais jamais vraiment utilisée : le regard. Maintenant quand je parle à Gabriel et surtout quand je l’informe ou lui demande quelque chose, je me baisse et m’assure que j’ai son regard pour commencer à parler. C’est fou comme pour l’instant c’est beaucoup plus efficace.

Sans grande surprise, voici la note que j’attribue à ce livre.

main orange

Je nuance néanmoins en précisant que c’est un bon livre pour sensibiliser un parent à une autre méthode éducative. Les éditions Marabout, une mise en page attractive et dynamique, une couverture efficace... C’est un livre à la mode, dans l’air du temps, qui « fait bien » et qui fera peut-être, qui sait, d’autres adeptes de l’éducation non violente.

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08 mai 2012

Du nouveau sur les étagères [4]

C’est incroyable ce phénomène qui à mesure que les jours rallongent, votre temps disponible pour travailler sur le blog raccourci... Au programme donc quelques nouveautés qui ne sont pas si nouvelles que ça...

 

dormir copain couv

Ce soir, je dors chez un copain !, Davis Melling,

Larousse, 9782035875754, 12,90 euros

Un album drôle mais sans plus sur l’histoire d’un ours (qui a la chance de s’appeler Martin) qui part dormir chez son copain lapin (qui a la chance de s’appeler... Lapin). Sans le savoir, l’ours amène avec lui un troupeau de moutons. Et c’est à partir de là que les choses commencent à être drôles. Ben oui, un lapin dans un terrier de lapin, ça passe facile... Un troupeau de moutons dans un terrier de lapin, déjà c’est plus difficile. Mais un ours plus un troupeau de moutons, plus un lapin dans un terrier de lapin, c’est presque impossible. Et pour preuve, au final tout ce petit monde va se retrouver dehors. Même si ce n’est pas un coup de cœur, je dois admettre que cet album pourrait plaire à des enfants dès l’âge de 4 ans.

  dormir copain 3  dormir copain 2  dormir copain 4

 

 

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Comment ratatiner les araignées, Catherine Leblanc (texte), Rolland Garrigue (illus),

P'tit Glénat, 9782723487429, 11,00 euros

Pour son neuvième titre, la série « Comment ratatiner » s’attaque aux araignées. Le problème avec ces chères bêtes velues, c’est qu’on ne les trouve pas seulement dans les livres mais bien dans chaque recoin de la maison et même du jardin... Catherine Leblanc donne alors plein de conseils pour terrasser ces terribles bestioles inutiles. Inutiles ? Vraiment ? Et si un monde SANS araignées était pire qu’AVEC ? Personnellement, je ne suis pas fan des araignées non plus mais depuis peu, j’ai appris à tolérer leur présence et je salue le talent de Catherine Leblanc à faire passer le message avec humour et délicatesse. A lire aux enfants à partir de 6 ans.

araignées 1  araignées 2  araignées 3

 

 

 

 

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Je fais du vélo, Stephan Boonen (texte), Mark Janssen (illus),

Clavis, 9789037483611, 12,99 euros

Je fais du vélo raconte comme son titre l’indique l’histoire d’un petit garçon qui apprend à faire du vélo sans les fameuses petites roues. Un texte qui sonne juste où l’on retrouve toutes les étapes de progression ainsi que toutes les émotions qui les accompagnent : la peur, l’appréhension, la honte, l’envie, la douleur, le découragement, la volonté, la colère, la joie, la fierté... Autre point positif, l’histoire n’est racontée que par les dialogues et la description directe des évènements. Le narrateur n’intervient jamais pour analyser les situations, et les adultes ne font jamais la leçon à l’enfant en disant quelque chose comme ça : « Mais si tu verras, c’est facile ! » ou « Arrête de t’énerver, ça ne sert à rien ! » ou « Ce n’est rien, juste une petite égratignure, allez remonte vite ! » Certes les adultes n’interviennent pas non plus de façon « positivement neutre » mais leur silence a le mérite de ne pas rabaisser l’enfant. Petit extrait illustratif : « - Lâche ! s’écrie Tom. Il sent qu’il est bien parti. Cette fois, il s’exerce dans le parc avec mamie. Celle-ci ne tient plus le bâton. Le vélo oscille un peu, puis Tom file tout droit sur le chemin. Mamie court derrière le vélo. – Oui ! C’est tout bon ! Regarde devant toi. Tom jette quand même un coup d’œil derrière lui. Il allait dire que c’était bien. Mais son vélo fait une embardée. – Ooh ! s’exclame-t-il. Il arrive juste à temps à poser un pied par terre. Cependant mamie bute sur le vélo de Tom. – Nooon ! crie-t-elle avant d’atterrir à quatre pattes dans la boue. – Quel cirque ! grommelle-t-elle. » Vous remarquerez au passage la richesse du vocabulaire. Un album bien sympathique donc que les éditeurs conseillent à partir de 3 ans (personnellement, vu la longueur du texte, je dirais 4 ans). Une histoire saine qui, je pense, devrait plaire tout particulièrement aux enfants qui sont en plein dans cet apprentissage.

velo 2  velo 3  velo 1

 

 

 

 

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Plic, Plac, Ploc, Etsuko Bushika (texte), Kaori Moro (illus)

Didier, 9782278070381, 13,10 euros

 Plic Plac Ploc est typiquement le genre d’album sur lequel je craque dès la couverture. En régle générale, en matière d’art, je suis particulièrement sensible à tout ce qui est dessin ou croquis, ou aux artistes « sinisés » (chinois, japonais ou coréen). Et là j’avoue que ce petit bonhomme habillé de rouge « des pieds jusqu'au parapluie » sous la pluie multicolore a le don de me faire sourire jusqu’aux oreilles ! Le traducteur Urara Shiokawa a su offrir un texte sympathique, plein d’onomatopées et de comptines de pluie. Même si à mon avis, nul besoin de texte pour apprécier les images ! Encore un album que j’aimerais découper pour récupérer les illustrations... Mais cette fois, le trait de Kaori Moro est si simple que j’ai réussi sans trop de peine à reproduire ces petits bonhommes colorés. Cette fois en plus des photos des illustrations, je vous mets en bonus des liens de blogs qui en parle ainsi qu'un lien vers la chanson « La pluie c’est flic, floc » écrite et chantée par la talentueuse Anne Sylvestre. 52 secondes de bonheur...

- l'avis de leslecturesdeliyah

- l'avis de lamareauxmots

- l'avis de lespetitsbouquins

- l'avis de despagesdesimages

- la chanson d'Anne Sylvestre en cliquant sur la vignette     anne sylvestre

plic 1   plic 2   plic 3

 

 

 

 

arsene couv

Arsène Lopin, Catherine Lafaye-Latteux (texte), Laure Gomez (illus)

Editions des Braques, 9782918911234, 18,30 euros

Si comme moi vous n’aviez jamais entendu parler des éditions Des Braques, filez ICI visiter leur site. Ils publient entre autres des livres disques d’une belle qualité tant sonore que visuelle. Et je dois dire qu'Arsène Lopin est super réussi ! Un format carré pratique, du papier épais qui sent bon, des illustrations originales et dynamiques, un texte qui rime, plein d’humour et de jeux de mots, raconté par la douce voix de Miou-Miou... Dommage que Gabriel n’ait pas accroché à l’histoire car moi elle m’a bien plu. Tant pis, je vais devoir me consoler avec un autre titre de la collection...

En plus de mes photos, vous pourrez en trouver d’autres ICI ainsi qu’un extrait sonore.

arsene 1   arsene 2

 

Bon voilà les nouveautés du mois de... mars/avril. J'essaie de repartir très vite à la pêche...

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23 avril 2012

Entre Philippe Jalbert et nous, c'est une histoire de loup

quatre saisons de loup

Les 4 saisons de Loup, Philippe Jalbert,

Belin, 11,70 euros, 9782701163567

 

Quand j’ai fait la connaissance du Loup de Philippe Jalbert, j’ignorais qu’avant de jouer, ce loup si sympathique, avait déjà raconté comment se déroulait son année, au rythme des saisons. J’ai trouvé Les 4 saisons de loup à côté de son petit frère, Une journée de loup, paru ce mois-ci. Et si je retrouve avec plaisir l’univers graphique dans la journée de loup, l’histoire des quatre saisons me plait davantage.

Dans Les 4 saisons de loup, j’aime tout ! C’est-à-dire ?

- L’univers graphique si coloré mais si simple me donne envie d’acheter un autre exemplaire pour pouvoir récupérer les illustrations et les encadrer.

- L’histoire est courte donc accessible même aux plus petits. Et si l’enfant ne comprend pas tout de suite la fin de l’histoire, il pourra avoir un premier aperçu de la différence entre les saisons.

- Le talent de l’auteur qui révèle par les images ce que le texte se contente de suggérer.

- Le fait que ce loup sympathique, certes porte un maillot de bain, cuisine et marche sur deux pattes mais ne mange aucun enfant !!

Le blog de l’auteur est fabuleux ! Vous y trouverez les dernières infos sur ses livres à paraître ou parus, des rétrospectives de ses dernières animations et dédicaces ainsi que les illustrations de ses albums et en fil rouge... ben oui le loup qui revient presque tous les jours avec une anecdote irrésistiblement drôle ! (oui, je vous l’accorde, dans son blog, le loup admet « tout aimer chez les enfants (sauf les doudous qui se coincent entre les dents) » mais le blog est, lui, à destination des adultes !)

PS : non je ne suis pas obsédée par le loup, je suis juste estomaquée de voir le nombre de parutions dans lequel cet animal apparaît. Tellement estomaquée que je réfléchis sérieusement à, faute de ne plus pouvoir faire une thèse sur le sujet, vous écrire un article professionnel sur l’omniprésence du loup dans la littérature jeunesse.  

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21 avril 2012

Vincent Cuvellier ou le phénomène de la douche écossaise

Vincent Cuvellier est un auteur jeunesse connu et reconnu dans le monde de l’édition jeunesse. En librairie, j’avais déjà remarqué et apprécié La légendaire histoire des douze sœurs Flute. Il a écrit d’autres albums mais aussi des romans (premières lectures, junior et ados). Depuis le mois de mars, il inonde les étagères du rayon jeunesse avec la parution de quatre albums dont la réédition de La première fois que je suis née (qui a reçu le prix des Incorruptibles en 2009) transformé pour l’occasion en livre disque.

Après la lecture de ces trois nouveaux albums, j’en suis arrivée à la conclusion suivante : Vincent Cuvellier est un paradoxe à lui tout seul. Il a su me faire passer de la colère au rire en moins de temps qu’il ne faut pour le lire. C’est dit : Vincent Cuvellier est la réincarnation de la douche écossaise. Avant de vous donner des explications, j’ai jugé utile de vous mettre quelques extraits du texte dans la vignette en bas de la page. Je vous rappelle quand même que le texte appartient aux éditions Gallimard Jeunesse.

 

enfants sont méchants

Les enfants sont méchants, texte Vincent Cuvellier, illus Aurélie Guillerey,

Gallimard, 9782070639366, 11,80 euros

Quand j’ai vu la couverture de Les enfants sont méchants, j’ai d’abord été curieuse, je me suis dit : « Tiens, un auteur qui fait dans l’ironie, voyons voir. » Car je ne m’attendais pas à autre chose dans un livre à destination des 4-5 ans. La première lecture m’a déroutée, incapable de me décider entre ironie et sincérité. A la deuxième, mon avis était fait : ironie ou sincérité peu importe après tout si un adulte arrive à se poser la question, qu’en sera-t-il des enfants ? Pour moi un texte destiné à la jeunesse ne doit pas laisser la place à l’ambiguïté.

Si je fais une synthèse rapide du texte, voilà ce que j’obtiens. La formule « les enfants sont méchants » apparaît 8 fois en tout en comptant le titre. Les enfants sont associés à l’adjectif « méchants » 4 autre fois, 5 en comptant le « tu n’es pas gentille ». Les parents sont associés à l’adjectif « gentils » 6 fois contre 1 seule petite fois pour les enfants (uniquement quand ces derniers sont endormis).

Consciente quand même que je ne suis pas la maman la mieux placée pour apprécier un tel texte, j’ai essayé de me mettre dans la peau d’une autre maman normale. Je me suis donc posée les questions suivantes :

- y a-t-il une histoire ? un déroulement ? (pas vraiment, c’est juste une énumération d’exemples dans lesquels les enfants se comportent de façon désagréable)

- mon enfant peut-il trouver du plaisir à écouter cet album ? (euh....... non)

- quel message veut faire passer l’auteur ? (je ne sais pas)

Avec cette dernière question en est venue une autre : que dit l’auteur de son propre texte ? J’ai cherché et j’ai trouvé ça sur son blog : « Les enfants sont méchants chez gallimard-giboulées. Ill de Aurélie Guillerey. J'adore ses illustrations, c'est la grande classe. C'est un album où un adulte dépassé par les évènements raconte outré, tout ce que les gosses font subir aux grands... j'espère venger tous les parents du monde... » J’avais espéré que l’auteur se justifie autrement, me prouvant par a + b que je m’étais lamentablement trompée. Il semble que non : pas d’ironie apparemment dans le titre. L’auteur n’écrit donc pas à destination des enfants mais de leurs parents. Ce qui dans un sens me rassure, les parents (même normaux) devant normalement acheter des livres à leurs enfants destinés à eux.

Alors si Vincent Cuvellier a essayé de faire de l’humour, cette fois il n’est pas drôle... En tout sincérité, s’il ne tenait qu’à moi, Les enfants sont méchants repartirait directement chez l’éditeur (sans passer 3 mois sur l’étagère, sans toucher 10 000 euros). A ce moment-là, j’étais prête à classer Vincent Cuvellier dans la catégorie « auteur à fuir ». Mais, j’ai également vu sur son blog qu’il avait écrit deux autres albums, premiers titres d’une série.

Et c'est ainsi que de la colère devant Les enfants sont méchants je passe aux rires devant les aventures de ce petit Emile, délicieusement espiègle. Mon seul petit bémol (oui je sais, je deviens insupportable intraitable) concerne la réaction de la maman dans Emile veut une chauve-souris, qui (si elle avait lu Faber & Mazlish) aurait pu, au lieu de dire ça « De toute façon Emile, je ne vois pas pourquoi je discute. On n’aura pas de chauve-souris, point à ligne. Personne n’a de chauve-souris dans sa maison. Il n’y a aucun enfant au monde qui a une chauve souris dans sa chambre et, si tu n’es pas content c’est la même chose ! »... répondre quelque chose comme ça « Eh bien, tu sembles vraiment décidé à adopter une chauve-souris. Tu as prévu comment aménager la maison pour l’accueillir dans les meilleures conditions possibles. Le problème c’est que les chauves-souris ne sont pas des animaux de compagnie, il nous est donc impossible d’en avoir une. » Heureusement que Emile n’est pas aussi difficile que moi et que la réponse de sa maman ne l’empêchera pas d’avoir une bien meilleure idée. Et quand Emile joue à l’homme invisible croyez-moi, il est impossible de ne pas éclater de rire. J’espère même que Gabriel aura assez d’imagination pour pouvoir faire un truc pareil... un jour prochain. Et pour 6,00 euros, on aurait tort de s'en priver.

 

emile chauve souris             emile est invisible  

Le blog de la librairie La soupe de l’espace en parle aussi. Et pour les plus curieux, la fameuse chute de l’histoire se trouve- ! 

Voici les extraits de l'album: Les enfants sont méchants de Vincent Cuvellier.

Les enfants sont méchants-page1

PS : et sinon pour aller plus loin dans « les enfants sont méchants / gentils », ce livre trouvé en bibliothèque m’a beaucoup aidé à avoir une vision différente et changer ma façon de parler.

gentil méchant

Gentil – méchant, Catherine Dolto-Tolitch

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