Le tour du monde en parapluie ***
Si je devais partir sur une île déserte en amenant qu’un seul livre de la bibliothèque de Gabriel, je choisirais sans hésitation cet album.
Le parapluie, Ingrid & Dieter Schubert,
Mijade, 9782871427513, 11,50 euros
Ne sous estimez jamais le pouvoir des albums sans texte : une image pour une infinité d’histoires. Depuis le temps que Le parapluie a signé son CDI dans la bibliothèque, je ne l’ai pas lu deux fois de la même manière.
Au commencement est... la couverture. Une véritable réussite. Le genre de couverture qui joue comme un aimant dans le rayon des albums (pour peu que le livre soit en facing). Une conception dynamique et efficace qui suit parfaitement le sens de lecture d’une image. Le jaune éclatant et le parapluie rouge dans le milieu gauche attirent irrésistiblement le regard. Le chien noir invite ensuite le lecteur à découvrir la girafe aux yeux curieux et rieurs. Le titre enfin, rouge lui aussi, mais d’une simplicité frappante.
Ensuite, puisqu’il s’agit d’un album sans texte, pourquoi ne pas commencer l’histoire dès la couverture tournée ? Ainsi là où habituellement les pages sont blanches, Ingrid et Dieter Schubert, plantent le décor : dans un jardin, vers la fin de l’automne, en fin de journée, alors que le vent souffle fort, un chat et un chien se promènent. Quand le chien découvre un grand parapluie rouge oublié contre un arbre.
Forcément, ouvrir un parapluie par jour de grand vent n’est pas sans risque. Le risque principal étant de s’envoler avec. Commence alors pour le chien le plus merveilleux de tous les voyages. Au gré du vent, ce voyageur inattendu va découvrir le monde, sa beauté et ses dangers, pour finalement revenir à la maison où son ami le chat l’attend. Le chat qui trouve désormais lui aussi le parapluie fort à son goût...
Chaque double page est une histoire à elle toute seule où fourmillent mille et un détails qu’on découvre au fur et à mesure des lectures. Il suffit d’ouvrir le livre pour entendre le bruit du vent, le rugissement du lion, le chant de la baleine, le battement d’ailes du pélican, le vol silencieux des chauves-souris... Les illustrations sont d’un tel dynamisme, qu’on croirait presque voir bouger les images.
Pour faire court, en deux mots : j’adore !
Pour finir de vous convaincre de vous le procurer, en plus du feuilletage (en cliquant sur la couverture), je vous offre quelques planches. Bon voyage !
Plumes magiques
C’est comme une envie de sortir du chemin et de marcher dans l’herbe, comme une envie de commencer par le dessert. Aujourd’hui j’ai une envie d’autre chose.
Pas de ciel sans oiseaux, Rémi Courgeon,
Mango, 9782740428436, 12,90 euros
Pas de ciel sans oiseaux, c’est une invitation au voyage, dans un monde où la magie côtoie le quotidien, où la magie née des mains. Avec Victor et Augustin, la mort fait certes partie de la vie mais elle devra attendre encore un peu.
Les mains d’Augustin savent presque tout faire, c’est d’ailleurs pour ça que Victor vient frapper à sa porte. Dans les mains du jeune garçon, un oiseau mort qu’il faut réparer. Oh jeune Victor, certaines choses ne se réparent pas... mais on peut toujours essayer...
Un album différent dans lequel on parle d’amitié, de vie, de mort, d’oiseaux bien sûr et d’un poisson. Un texte qui se lit comme un conte, qui invite à la réflexion. Pas de ciel sans oiseaux fait partie de ces albums qui ne peuvent pas se vendre. Le libraire peut seulement le déposer dans vos mains et attendre de voir si la magie opère. Un livre qui ne touche pas souvent mais qui touche pour longtemps.
Sans être un coup de cœur, je salue le talent créateur de l’auteur. Un texte qui m’interpelle, et des illustrations qui m’offrent une escapade dans le monde des rêves et de tous les possibles. Un album qui me donne envie d’y croire.
Des extraits et des critiques par ici:
- le blog de l'auteur Rémi Courgeon
- l'avis de 1pageluechaquesoir
- l'avis de leslecturesdemarie
D'autres extraits par là :
L'éducation consciente dans l'air du temps...
L’éducation, tout comme les vêtements, la décoration intérieure ou la cuisine suit la mode et l’air du temps. Les librairies ont donc vu arriver ces deux dernières années sur leurs étagères, de plus en plus de livres sur l’éducation et notamment l’éducation consciente ou plutôt non violente. Ainsi, vous trouverez de plus en plus de livres dont le titre contienne ces mots : non violent, sans cris, sans fessés, rester zen, dire non...
Depuis que je suis devenue maman et que je me suis intéressée de près à l’éducation consciente, j’ai tendance à oublier mon esprit critique et mon libre arbitre devant des lectures d’article ou de livres traitant du sujet. Mon conjoint m’a donc mis en garde et m’a très justement dit ceci : « Tu sais, derrière ces livres, il y a une mode et surtout il y a des gens qui veulent se servir de cette mode pour faire de l’argent. Ecrire un livre, c’est comme faire un tube, il faut remplir certains critères de longueur, de tonalité, de mots. Pour tes livres c’est pareil, il faut un nombre minimum de pages pour justifier un prix, donc les auteurs font du remplissage. » Je dois admettre après réflexion que son argument tient la route. Combien de fois en lisant un roman, je me suis dit que ce paragraphe franchement on aurait pu s’en passer. Me voilà donc après cette discussion avec un regard neuf sur ma bibliothèque de maman consciente. Et paradoxalement, ce regard en devenant plus critique est aussi devenu plus tolérant et donc plus expérimenté. Explications...
Je viens de terminer la lecture de 100 façons de se faire obéir (sans cris ni fessées). Dès le titre, on peut classer ce livre dans la catégorie « éducation consciente ». Pourtant, (et j’y reviendrai plus longuement après), certaines « façons de se faire obéir » sont bien loin de mes attentes (punitions, isolement, mensonge, chantage...). Sur le coup, je le reclasserai bien dans la catégorie « éducation traditionnelle ». Mais avec le recul, et grâce à la remarque de mon conjoint, je me suis dit finalement qu’il n’y a pas de « mauvais » livres sur l’éducation, il n’y a que des « bons » produits correspondant à un public de parents différents. Je me dis aussi qu’un client achèterait ce livre surtout parce que c’est la mode plutôt que par réelles convictions. En effet, j’imagine que tout parent sensibilisé par une éducation consciente, se renseignerait avant sur les livres existant en consultant les blogs et autres sites sur Internet et 100 façons... ne figurerait très certainement pas sur la liste.
Cependant, loin de jeter la pierre à ce genre de livre, je revendique même leur création. Car tout livre traitant d’éducation respectueuse vaut la peine d’être lu et que peu importe si le client l’achète pour suivre une mode dans la mesure où il le lit, il y a de fortes chances pour qu’il adhère aux idées, qu’il essaye et qu’il décide d’aller plus loin.
100 façons de se faire obéir (sans cris ni fessées), Anne Bacus
Marabout, 9782501076487, 15,90 euros
En lisant 100 façons... j’avais avec moi un petit papier séparé en deux colonnes « positif » et « négatif ». Je m’en suis servi pour répertorier les conseils, les expressions, les idées utiles pour juger ce livre. Au risque de paraître trop scolaire, je n’ai pas trouvé d’autre façon de vous présenter ce tableau qu’en commençant par les points négatifs pour finir par les positifs.
Ce qui me dit NON :
Dans l’ensemble du texte (sauf dans la dernière partie), le manque d’exemples concrets de choses à faire ou à dire. L’auteur donne plutôt des exemples de choses que l’on fait généralement et qu’il ne faudrait plus faire sans donner d’autre solution.
Dans les exemples concrets, l’auteur conseille de citer le prénom de l’enfant avant chaque ordre. J’ai moi-même tendance à le faire et je me rends compte que je ne prononce Gabriel quasiment que pour lui donner un ordre. J’essaie donc de me corriger, surtout qu’étant le seul enfant dans la maison, il ne peut y avoir de confusion...
Le manque d’interaction avec l’enfant pour qu’il trouve lui-même la solution à un problème, à une bêtise. C’est le parent qui a le dernier mot et qui choisit par conséquent la punition ou la récompense.
Soutenir la personne qui punit (surtout si c’est un enseignant) ou qui fait une remarque quitte à en discuter... avec l’adulte (et non avec l’enfant) plus tard.
L’auteur n’insiste pas assez à mon goût sur les émotions de l’enfant face à une situation et leur légitimité.
L’utilisation du compte à rebours (1... 2... 3...) ne me paraît pas assez claire et trop propice à des débordements. Pour preuve, l’auteur elle-même a recours à des variantes. Si le 1... 2... 3... ne marche pas du premier coup, le refaire en aggravant les conséquences (plus de temps dans la chambre, privation d’autre chose). Parfois, la situation exige de dire tout de suite 3 (comme taper quelqu’un ou casser quelque chose). Je ne vois pas comment l’enfant pourrait intégrer la règle de ce principe étant donné qu’elle est amenée à changer.
Le recours à la punition, la récompense et l’isolement. L’auteur préconise d’utiliser la récompense comme finalité d’un contrat passé entre le parent et l’enfant. Chacun veut quelque chose de différent et troque le service contre l’autre. Personnellement, je trouve ce fonctionnement peu logique et je lui préfère la résolution de problème (qu’elle conseille également plus tard). Quand survient un problème récurrent, il me semble plus judicieux de travailler ensemble sur le problème en question (le rangement de la chambre) plutôt que de chacun travailler pour soi (ranger la chambre / avoir tel objet). Si je mettais un contrat en place avec Gabriel, j’aurais en plus d’avoir l’impression de l’acheter, l’impression de me battre contre lui pour avoir ce que je veux. Surtout qu’il me semble qu’à long terme ce fonctionnement a de grandes chances de perdre en efficacité. Voici un exemple donné par l’auteur : « Kim a très envie d’un lecteur MP 3. Ses parents ont discuté avec elle : si sa chambre est maintenue rangée, régulièrement aérée, que l’aspirateur est passé chaque semaine et la vaisselle sale rapportée à la cuisine chaque jour, cela pendant trois mois, Kim aura son lecteur à Noël. » Pour moi la mission de Kim : ranger sa chambre, la nettoyer, ramener la vaisselle propre tous les jours pendant trois mois est insurmontable. Donc il y a de grandes chances pour qu’elle ne s’y tienne pas mais que ses parents lui offrent quand même son lecteur à Noël.
A propos de l’isolement, l’auteur dit « Il est important d’insister sur le fait que le hors-jeu n’est pas avant tout une punition, mais un moment pour se calmer, s’isoler, réfléchir, retrouver ses esprits. » En cherchant la définition du mot punition dans le dictionnaire j’ai trouvé ceci : « Infliger à quelqu'un un châtiment, une peine en expiation d'une faute. » L’isolement est donc bien une punition. Il me semble aussi plus judicieux de s’isoler soi plutôt que d’isoler l’enfant car souvent dans ces cas-là, le plus énervé c’est nous. De plus, si c’est l’enfant qui est hors de lui et qui a besoin de se calmer, il suffit à l’adulte de quitter la pièce ou au pire de mettre l’enfant dans une pièce (sans fermer la porte) en lui expliquant qu’il a le droit d’être en colère mais que ses cris nous gênent vraiment trop.
En ce qui concerne les punitions, je dirais simplement qu’aujourd’hui quoi qu’on m’en dise je remettrai toujours leur efficacité en doute. C’est d’ailleurs ce que concède l’auteur. En fait, je trouve assez « dangereux » de préconiser les récompenses, punitions et isolement dans la mesure où l’auteur insiste sur le fait qu’ils ne sont pas efficaces sur le long terme et qu’il faut les utiliser froidement, sans laisser notre colère nous emporter. Or rien n’est plus difficile quand on est en colère d’agir calmement... Alors à mon avis, dans ces moments-là mieux vaut avoir à sa disposition des habiletés inoffensives plutôt que des armes à manier avec précaution. Pour vous donner un exemple. Dans son livre, l’auteur dit que certains parents trouvent qu’isoler un enfant dans sa chambre n’est pas assez punitif car il a trop de distractions à sa portée. Je comprends aisément cette envie de blesser, de faire mal quand on est en colère, étant donné que je l’ai vécu récemment. Au moment de changer Gabriel pour aller au lit, il me donne une grande gifle bien sonore. Après m’être retenue de le frapper à mon tour, j’ai réussi à lui dire ma colère en criant. Ensuite, il m’est venu à l’esprit de le priver d’histoire avant de le coucher. Puis je me suis ravisée, j’ai fait le point sur la situation et je lui ai dit : « Il est maintenant l’heure de se coucher. Je suis très en colère et je n’ai pas du tout envie de passer du temps avec toi et de te lire une histoire. Je vais donc te laisser lire tout seul et quand je reviendrai, il sera temps de dormir. » Pendant que Gabriel lisait son histoire, je me suis calmée en étendant le linge. De retour dans la chambre, on était calme tous les deux et Gabriel s’est endormi normalement. Le taper ne l'aurait pas empêcher de recommencer plus tard. Le priver d'histoires aurait été une punition sans rapport avec l'acte qu'il a commis et aurait rendu le coucher sinon impossible, du moins long et pénible pour tous les deux. Céder à la violence, tant verbale que physique est super facile alors je ne m’imagine pas punir avec calme et bienveillance.
Et voici ce qui me dit OUI.
Rappeler tout au long du livre que les enfants sont des enfants et que par conséquent leur demander d’être raisonnable est parfaitement illusoire.
Etant donné que c’est dans la majorité des cas l’adulte qui a un problème avec le comportement de l’enfant, c’est donc à l’adulte de faire en sorte que les choses s’arrangent, de trouver les solutions et de se donner les moyens de les mettre en place.
L’auteur conseille aux parents de mettre l’accent sur l’acte qui pose problème plutôt que sur la personne. Elle conseille également d’utiliser « je » et « tu ».
J’apprécie également la mise en garde de la permissivité quand l’auteur dit : « Expliquer n’est pas justifier. L’explication ne vise pas à convaincre que la demande est justifiée, mais simplement à montrer que votre éducation est cohérente et que vos demandes ont du sens. Vous ne cherchez pas l’accord de votre enfant. » C’est aussi quelque chose que j’ai tendance à faire avec Gabriel et que je m’efforce de corriger. Maintenant quand je l’informe de la suite du programme, j’essaie de bannir le fameux « d’accord ? » à la fin de la phrase. Evidemment que dans ces cas-là sa réponse est « Non. » [ben quoi tu me demandes mon avis, je te réponds !]
Donner plus d’attention au positif qu’au négatif dans un comportement.
Reconnaître les émotions de l’enfant et les lui nommer pour qu’il apprenne à mieux se contrôler. Et également la petite phrase « Par l’expression de vos émotions, vous justifiez la sienne. » Ainsi par extension, l’auteur remet aussi en cause l’expression de la violence physique : comment demander à un enfant de ne pas taper si je le tape ?
Mettre en garde contre les dangers de la punition et reconnaître l’efficacité d’autres techniques : « Les punitions ne sont pas une très bonne manière de mettre un terme à un comportement indésirable. Elles vont de pair avec le fait de se fâcher, de gronder, de crier, de menacer, de sermonner, toutes méthodes fréquemment utilisées mais peu efficaces. Si elles sont si utilisées, c’est qu’elles ont le mérite de la simplicité et de la spontanéité. Pour autant on est assez loin d’une véritable éducation à la responsabilité et à l’autonomie. »
Enfin, je dis « oui » à toutes les habiletés que j’ai trouvé dans Faber & Mazlish : humour, choix, valoriser le positif, laisser les conséquences naturelles, éviter les étiquettes...
Mais au bout du compte, qu’est-ce qui va me servir à moi ? Après la lecture de ce livre, j’essaierai de moins prêter attention aux comportements négatifs de Gabriel. Mon challenge est de réagir davantage au positif qu’au négatif en espérant que le dernier tente de moins en moins Gabriel. J’ai aussi mis en place une nouvelle technique que je n’avais jamais vraiment utilisée : le regard. Maintenant quand je parle à Gabriel et surtout quand je l’informe ou lui demande quelque chose, je me baisse et m’assure que j’ai son regard pour commencer à parler. C’est fou comme pour l’instant c’est beaucoup plus efficace.
Sans grande surprise, voici la note que j’attribue à ce livre.

Je nuance néanmoins en précisant que c’est un bon livre pour sensibiliser un parent à une autre méthode éducative. Les éditions Marabout, une mise en page attractive et dynamique, une couverture efficace... C’est un livre à la mode, dans l’air du temps, qui « fait bien » et qui fera peut-être, qui sait, d’autres adeptes de l’éducation non violente.
Du nouveau sur les étagères [4]
C’est incroyable ce phénomène qui à mesure que les jours rallongent, votre temps disponible pour travailler sur le blog raccourci... Au programme donc quelques nouveautés qui ne sont pas si nouvelles que ça...
Ce soir, je dors chez un copain !, Davis Melling,
Larousse, 9782035875754, 12,90 euros
Un album drôle mais sans plus sur l’histoire d’un ours (qui a la chance de s’appeler Martin) qui part dormir chez son copain lapin (qui a la chance de s’appeler... Lapin). Sans le savoir, l’ours amène avec lui un troupeau de moutons. Et c’est à partir de là que les choses commencent à être drôles. Ben oui, un lapin dans un terrier de lapin, ça passe facile... Un troupeau de moutons dans un terrier de lapin, déjà c’est plus difficile. Mais un ours plus un troupeau de moutons, plus un lapin dans un terrier de lapin, c’est presque impossible. Et pour preuve, au final tout ce petit monde va se retrouver dehors. Même si ce n’est pas un coup de cœur, je dois admettre que cet album pourrait plaire à des enfants dès l’âge de 4 ans.
Comment ratatiner les araignées, Catherine Leblanc (texte), Rolland Garrigue (illus),
P'tit Glénat, 9782723487429, 11,00 euros
Pour son neuvième titre, la série « Comment ratatiner » s’attaque aux araignées. Le problème avec ces chères bêtes velues, c’est qu’on ne les trouve pas seulement dans les livres mais bien dans chaque recoin de la maison et même du jardin... Catherine Leblanc donne alors plein de conseils pour terrasser ces terribles bestioles inutiles. Inutiles ? Vraiment ? Et si un monde SANS araignées était pire qu’AVEC ? Personnellement, je ne suis pas fan des araignées non plus mais depuis peu, j’ai appris à tolérer leur présence et je salue le talent de Catherine Leblanc à faire passer le message avec humour et délicatesse. A lire aux enfants à partir de 6 ans.
Je fais du vélo, Stephan Boonen (texte), Mark Janssen (illus),
Clavis, 9789037483611, 12,99 euros
Je fais du vélo raconte comme son titre l’indique l’histoire d’un petit garçon qui apprend à faire du vélo sans les fameuses petites roues. Un texte qui sonne juste où l’on retrouve toutes les étapes de progression ainsi que toutes les émotions qui les accompagnent : la peur, l’appréhension, la honte, l’envie, la douleur, le découragement, la volonté, la colère, la joie, la fierté... Autre point positif, l’histoire n’est racontée que par les dialogues et la description directe des évènements. Le narrateur n’intervient jamais pour analyser les situations, et les adultes ne font jamais la leçon à l’enfant en disant quelque chose comme ça : « Mais si tu verras, c’est facile ! » ou « Arrête de t’énerver, ça ne sert à rien ! » ou « Ce n’est rien, juste une petite égratignure, allez remonte vite ! » Certes les adultes n’interviennent pas non plus de façon « positivement neutre » mais leur silence a le mérite de ne pas rabaisser l’enfant. Petit extrait illustratif : « - Lâche ! s’écrie Tom. Il sent qu’il est bien parti. Cette fois, il s’exerce dans le parc avec mamie. Celle-ci ne tient plus le bâton. Le vélo oscille un peu, puis Tom file tout droit sur le chemin. Mamie court derrière le vélo. – Oui ! C’est tout bon ! Regarde devant toi. Tom jette quand même un coup d’œil derrière lui. Il allait dire que c’était bien. Mais son vélo fait une embardée. – Ooh ! s’exclame-t-il. Il arrive juste à temps à poser un pied par terre. Cependant mamie bute sur le vélo de Tom. – Nooon ! crie-t-elle avant d’atterrir à quatre pattes dans la boue. – Quel cirque ! grommelle-t-elle. » Vous remarquerez au passage la richesse du vocabulaire. Un album bien sympathique donc que les éditeurs conseillent à partir de 3 ans (personnellement, vu la longueur du texte, je dirais 4 ans). Une histoire saine qui, je pense, devrait plaire tout particulièrement aux enfants qui sont en plein dans cet apprentissage.
Plic, Plac, Ploc, Etsuko Bushika (texte), Kaori Moro (illus)
Didier, 9782278070381, 13,10 euros
Plic Plac Ploc est typiquement le genre d’album sur lequel je craque dès la couverture. En régle générale, en matière d’art, je suis particulièrement sensible à tout ce qui est dessin ou croquis, ou aux artistes « sinisés » (chinois, japonais ou coréen). Et là j’avoue que ce petit bonhomme habillé de rouge « des pieds jusqu'au parapluie » sous la pluie multicolore a le don de me faire sourire jusqu’aux oreilles ! Le traducteur Urara Shiokawa a su offrir un texte sympathique, plein d’onomatopées et de comptines de pluie. Même si à mon avis, nul besoin de texte pour apprécier les images ! Encore un album que j’aimerais découper pour récupérer les illustrations... Mais cette fois, le trait de Kaori Moro est si simple que j’ai réussi sans trop de peine à reproduire ces petits bonhommes colorés. Cette fois en plus des photos des illustrations, je vous mets en bonus des liens de blogs qui en parle ainsi qu'un lien vers la chanson « La pluie c’est flic, floc » écrite et chantée par la talentueuse Anne Sylvestre. 52 secondes de bonheur...
- l'avis de leslecturesdeliyah
- l'avis de lamareauxmots
- l'avis de lespetitsbouquins
- l'avis de despagesdesimages
- la chanson d'Anne Sylvestre en cliquant sur la vignette 
Arsène Lopin, Catherine Lafaye-Latteux (texte), Laure Gomez (illus)
Editions des Braques, 9782918911234, 18,30 euros
Si comme moi vous n’aviez jamais entendu parler des éditions Des Braques, filez ICI visiter leur site. Ils publient entre autres des livres disques d’une belle qualité tant sonore que visuelle. Et je dois dire qu'Arsène Lopin est super réussi ! Un format carré pratique, du papier épais qui sent bon, des illustrations originales et dynamiques, un texte qui rime, plein d’humour et de jeux de mots, raconté par la douce voix de Miou-Miou... Dommage que Gabriel n’ait pas accroché à l’histoire car moi elle m’a bien plu. Tant pis, je vais devoir me consoler avec un autre titre de la collection...
En plus de mes photos, vous pourrez en trouver d’autres ICI ainsi qu’un extrait sonore.
Bon voilà les nouveautés du mois de... mars/avril. J'essaie de repartir très vite à la pêche...
Entre Philippe Jalbert et nous, c'est une histoire de loup
Les 4 saisons de Loup, Philippe Jalbert,
Belin, 11,70 euros, 9782701163567
Quand j’ai fait la connaissance du Loup de Philippe Jalbert, j’ignorais qu’avant de jouer, ce loup si sympathique, avait déjà raconté comment se déroulait son année, au rythme des saisons. J’ai trouvé Les 4 saisons de loup à côté de son petit frère, Une journée de loup, paru ce mois-ci. Et si je retrouve avec plaisir l’univers graphique dans la journée de loup, l’histoire des quatre saisons me plait davantage.
Dans Les 4 saisons de loup, j’aime tout ! C’est-à-dire ?
- L’univers graphique si coloré mais si simple me donne envie d’acheter un autre exemplaire pour pouvoir récupérer les illustrations et les encadrer.
- L’histoire est courte donc accessible même aux plus petits. Et si l’enfant ne comprend pas tout de suite la fin de l’histoire, il pourra avoir un premier aperçu de la différence entre les saisons.
- Le talent de l’auteur qui révèle par les images ce que le texte se contente de suggérer.
- Le fait que ce loup sympathique, certes porte un maillot de bain, cuisine et marche sur deux pattes mais ne mange aucun enfant !!
Le blog de l’auteur est fabuleux ! Vous y trouverez les dernières infos sur ses livres à paraître ou parus, des rétrospectives de ses dernières animations et dédicaces ainsi que les illustrations de ses albums et en fil rouge... ben oui le loup qui revient presque tous les jours avec une anecdote irrésistiblement drôle ! (oui, je vous l’accorde, dans son blog, le loup admet « tout aimer chez les enfants (sauf les doudous qui se coincent entre les dents) » mais le blog est, lui, à destination des adultes !)
PS : non je ne suis pas obsédée par le loup, je suis juste estomaquée de voir le nombre de parutions dans lequel cet animal apparaît. Tellement estomaquée que je réfléchis sérieusement à, faute de ne plus pouvoir faire une thèse sur le sujet, vous écrire un article professionnel sur l’omniprésence du loup dans la littérature jeunesse.
Vincent Cuvellier ou le phénomène de la douche écossaise
Vincent Cuvellier est un auteur jeunesse connu et reconnu dans le monde de l’édition jeunesse. En librairie, j’avais déjà remarqué et apprécié La légendaire histoire des douze sœurs Flute. Il a écrit d’autres albums mais aussi des romans (premières lectures, junior et ados). Depuis le mois de mars, il inonde les étagères du rayon jeunesse avec la parution de quatre albums dont la réédition de La première fois que je suis née (qui a reçu le prix des Incorruptibles en 2009) transformé pour l’occasion en livre disque.
Après la lecture de ces trois nouveaux albums, j’en suis arrivée à la conclusion suivante : Vincent Cuvellier est un paradoxe à lui tout seul. Il a su me faire passer de la colère au rire en moins de temps qu’il ne faut pour le lire. C’est dit : Vincent Cuvellier est la réincarnation de la douche écossaise. Avant de vous donner des explications, j’ai jugé utile de vous mettre quelques extraits du texte dans la vignette en bas de la page. Je vous rappelle quand même que le texte appartient aux éditions Gallimard Jeunesse.
Les enfants sont méchants, texte Vincent Cuvellier, illus Aurélie Guillerey,
Gallimard, 9782070639366, 11,80 euros
Quand j’ai vu la couverture de Les enfants sont méchants, j’ai d’abord été curieuse, je me suis dit : « Tiens, un auteur qui fait dans l’ironie, voyons voir. » Car je ne m’attendais pas à autre chose dans un livre à destination des 4-5 ans. La première lecture m’a déroutée, incapable de me décider entre ironie et sincérité. A la deuxième, mon avis était fait : ironie ou sincérité peu importe après tout si un adulte arrive à se poser la question, qu’en sera-t-il des enfants ? Pour moi un texte destiné à la jeunesse ne doit pas laisser la place à l’ambiguïté.
Si je fais une synthèse rapide du texte, voilà ce que j’obtiens. La formule « les enfants sont méchants » apparaît 8 fois en tout en comptant le titre. Les enfants sont associés à l’adjectif « méchants » 4 autre fois, 5 en comptant le « tu n’es pas gentille ». Les parents sont associés à l’adjectif « gentils » 6 fois contre 1 seule petite fois pour les enfants (uniquement quand ces derniers sont endormis).
Consciente quand même que je ne suis pas la maman la mieux placée pour apprécier un tel texte, j’ai essayé de me mettre dans la peau d’une autre maman normale. Je me suis donc posée les questions suivantes :
- y a-t-il une histoire ? un déroulement ? (pas vraiment, c’est juste une énumération d’exemples dans lesquels les enfants se comportent de façon désagréable)
- mon enfant peut-il trouver du plaisir à écouter cet album ? (euh....... non)
- quel message veut faire passer l’auteur ? (je ne sais pas)
Avec cette dernière question en est venue une autre : que dit l’auteur de son propre texte ? J’ai cherché et j’ai trouvé ça sur son blog : « Les enfants sont méchants chez gallimard-giboulées. Ill de Aurélie Guillerey. J'adore ses illustrations, c'est la grande classe. C'est un album où un adulte dépassé par les évènements raconte outré, tout ce que les gosses font subir aux grands... j'espère venger tous les parents du monde... » J’avais espéré que l’auteur se justifie autrement, me prouvant par a + b que je m’étais lamentablement trompée. Il semble que non : pas d’ironie apparemment dans le titre. L’auteur n’écrit donc pas à destination des enfants mais de leurs parents. Ce qui dans un sens me rassure, les parents (même normaux) devant normalement acheter des livres à leurs enfants destinés à eux.
Alors si Vincent Cuvellier a essayé de faire de l’humour, cette fois il n’est pas drôle... En tout sincérité, s’il ne tenait qu’à moi, Les enfants sont méchants repartirait directement chez l’éditeur (sans passer 3 mois sur l’étagère, sans toucher 10 000 euros). A ce moment-là, j’étais prête à classer Vincent Cuvellier dans la catégorie « auteur à fuir ». Mais, j’ai également vu sur son blog qu’il avait écrit deux autres albums, premiers titres d’une série.
Et c'est ainsi que de la colère devant Les enfants sont méchants je passe aux rires devant les aventures de ce petit Emile, délicieusement espiègle. Mon seul petit bémol (oui je sais, je deviens insupportable intraitable) concerne la réaction de la maman dans Emile veut une chauve-souris, qui (si elle avait lu Faber & Mazlish) aurait pu, au lieu de dire ça « De toute façon Emile, je ne vois pas pourquoi je discute. On n’aura pas de chauve-souris, point à ligne. Personne n’a de chauve-souris dans sa maison. Il n’y a aucun enfant au monde qui a une chauve souris dans sa chambre et, si tu n’es pas content c’est la même chose ! »... répondre quelque chose comme ça « Eh bien, tu sembles vraiment décidé à adopter une chauve-souris. Tu as prévu comment aménager la maison pour l’accueillir dans les meilleures conditions possibles. Le problème c’est que les chauves-souris ne sont pas des animaux de compagnie, il nous est donc impossible d’en avoir une. » Heureusement que Emile n’est pas aussi difficile que moi et que la réponse de sa maman ne l’empêchera pas d’avoir une bien meilleure idée. Et quand Emile joue à l’homme invisible croyez-moi, il est impossible de ne pas éclater de rire. J’espère même que Gabriel aura assez d’imagination pour pouvoir faire un truc pareil... un jour prochain. Et pour 6,00 euros, on aurait tort de s'en priver.
Le blog de la librairie La soupe de l’espace en parle aussi. Et pour les plus curieux, la fameuse chute de l’histoire se trouve-là !
Voici les extraits de l'album: Les enfants sont méchants de Vincent Cuvellier.
PS : et sinon pour aller plus loin dans « les enfants sont méchants / gentils », ce livre trouvé en bibliothèque m’a beaucoup aidé à avoir une vision différente et changer ma façon de parler.
Gentil – méchant, Catherine Dolto-Tolitch
"Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent"
« J’étais une mère merveilleuse avant d’avoir des enfants. J’étais experte à trouver la cause des problèmes que tous les parents pouvaient avoir avec leurs rejetons. Puis j’en ai eu trois. Bien à moi. » Voici comment commence Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent.
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Adele Faber, Elaine Mazlish,
Relations Plus, 18,00 euros, 9782981161000
Difficile est ma mission aujourd’hui de vous en parler sans tomber dans l’idolâtrie. Comment vous en faire une critique positive et efficace ?
Pour commencer, je crois que je peux dire en toute objectivité que ce livre peut être lu par n’importe quel adulte, quel que soit son âge, son sexe et son milieu social. Le texte peut se lire d’une traite ou dans le désordre. Des petits exercices pratiques donnent un côté interactif très appréciable. Six thèmes sont traités de la même façon. Au programme : 1) aider les enfants aux prises avec leurs sentiments, 2) susciter la coopération, 3) remplacer la punition, 4) encourager l’autonomie, 5) utiliser les compliments et 6) aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s’épanouir (ou comment décoller les étiquettes).
Voici globalement comment se compose chaque chapitre :
1ère partie :
1) Ce qui se passe quand on utilise une éducation « traditionnelle ».
2) Exercice proposé au lecteur pour pousser la réflexion.
3) Habiletés proposées sous forme de bandes dessinées très explicites.
4) Nouvel exercice en utilisant les nouvelles habiletés.
2ème partie :
1) Les questions des parents qui sont l’occasion de renforcer le point de vue des auteurs en donnant davantage d’explications sur certaines méthodes.
2) Les mises en garde qui empêchent le parent de tomber dans la permissivité ou de tomber à côté.
3) Les témoignages des parents qui viennent étayer les explications et donner du courage au lecteur : ça arrive chez les autres, alors pourquoi pas chez moi ?
Un récapitulatif des habiletés est donné à chaque fin de chapitre qui peut être photocopié, réécrit et mis à disposition dans les endroits stratégiques de la maison.
J’ai découvert ce livre quand Gabriel a eu 18 mois et si j’avais été enchantée par la méthode, je ne trouvais pas vraiment les occasions pour la mettre en pratique. Quelques habiletés m’ont servi, notamment celles pour aider Gabriel avec ses émotions. Je me suis replongée dans le livre récemment pour plusieurs raisons. La première, c’est que j’en ressentais grandement le besoin pour gérer les nouveaux conflits avec Gabriel et pour ne pas céder à la tentation d’une éducation « traditionnelle ». La seconde, c’est que j’ai eu la formidable chance de participer à un atelier de parents reprenant cette méthode. Sept séances pour une expérience extraordinaire. Lire le livre c’est déjà bien mais seul, la tâche paraît difficile, parfois insurmontable alors que partagée avec des parents qui rencontrent les mêmes difficultés, c’est de suite plus facile. Et pour preuve à la maison, c’est Faber & Mazlish tous les jours sans modération.
Ah... Et alors ça marche ou pas ? Honnêtement, ça dépend des jours mais dans l’ensemble oui ça marche. Etant donné que ce blog est là essentiellement pour parler des livres, je ne vais pas m’appesantir sur mes méthodes éducatives. Je vais seulement donner trois exemples qui, je l’espère, parlent d’eux-mêmes.
Situation n°1 : En plein hiver, dans la maison, Gabriel joue et court.
Le jour d’ « avant » Faber & Mazlish : Moi : « Gabriel, tu as le nez qui coule, prends un mouchoir et mouche toi. » Gabriel continue de jouer. Moi (arrêtant mon activité) : « Gabriel, ton nez ! Il coule ! Mouche-toi ! » Gabriel joue encore. Moi (agacée, prenant un mouchoir, stoppant Gabriel et le mouchant) : « Tu as le nez qui coule ! » Gabriel crie et se débat.
Le jour d’ « après » Faber & Mazlish : Moi : « Oh, je vois que tu as le nez qui coule ! ». Gabriel s’arrête de jouer, me regarde, attrape un mouchoir, se mouche et met le mouchoir à la poubelle.
Situation n°2 : à table, Gabriel sort la nourriture de son assiette pour la mettre sur la table.
Le jour d’ « avant » : Moi (lui attrapant le bras): « Non !! Mais qu’est-ce que tu fais ! Ça ne va pas du tout ! Remets ce riz dans ton assiette ! » Gabriel éparpille le riz sur la table et jette sa fourchette.
Le jour d’ « après » : Moi (d’un ton énervé et sec) : « Je vois des haricots étalés partout sur la table alors qu’ils devraient être dans l’assiette ! Je n’aime pas ça du tout ! » Gabriel remet les haricots dans l’assiette et commence à les manger.
Situation n°3 : en partant de chez l’assistante maternelle, il faut monter des escaliers. Gabriel ne veut pas avancer. Je le porte mais il crie et se débat. Je le pose par terre et lui dis : « Tu n’as pas l’air de vouloir rentrer à la maison. Tu préfèrerais continuer à sauter au trampoline. Mais j’ai besoin de rentrer à la maison pour préparer le repas alors tu as le choix : ou tu montes tout seul ou je te porte, tu choisis. » Gabriel me répond « Tout seul » mais ne me suis pas quand je commence à monter. Je reviens vers lui, le porte et lui dis : « Tu as fais ton choix : je te porte pour aller à la maison. » Gabriel pleure jusqu’en haut de l’escalier puis s’arrête et me souris. On rentre tranquillement à la maison. Ouf....
Et le plus impressionnant, c’est que je n’ai rien inventé.
Ce qui me semble important avec cette méthode, ce n’est pas tant son degré de réussite par rapport à une autre méthode plus traditionnelle, c’est finalement le respect de soi et de l’autre qui en découle. J’ai le droit d’être en colère, j’ai le droit de crier, j’ai le droit de dire ce que JE ressens. Et en disant ce que je ressens, ça ne rend pas l’enfant plus obéissant mais au mieux ça le rend plus coopérant et au pire ça n’aura fait de mal à personne. En disant ce que je ressens, j’évacue tout de suite mes émotions et ne traîne pas la colère avec moi pour le restant de la journée (voire plus) et par là-même ne la communique pas aux autres... Ce que j’apprécie c’est la façon de dire que le passé est ce qu’il est et qu’il est maintenant plus important de se tourner vers l’avenir.
J’aime le côté interactif du livre qui peut facilement devenir un outil d’atelier de parents « faits maison », j’aime le côté trésor de bonnes idées à piocher non seulement dans les habiletés des auteurs mais aussi dans les témoignages des parents. J’aime le côté non culpabilisant et cet espoir qui veille dans chaque page et qui ne se prive pas pour nous dire : « si ça ne marche pas (ou que ça ne semble pas marcher) la première fois, attends la deuxième... » Peu importe la fin du moment qu’on a les bons moyens, on a quand même remporté une victoire : celle de se battre aux côtés de son enfant et non plus contre lui.
En conclusion, il paraît évident que ce livre résonne positivement en moi et que je le conseille vivement à tous les parents désireux d’essayer une autre méthode éducative et qui souhaitent une mise en pratique rapide, claire et efficace. Dorénavant, je vais attribuer une note à tous les livres touchant à la parentalité. Bien qu’un minimum argumentée, cette note, je le rappelle, est entièrement subjective et n’engage bien entendu que moi. Sans surprise, ma « super nanny à moi » obtient cette note là !

PS: Pour celles et ceux que ça intéressent, voici des liens qui pourraient être utiles :
- site de l'atelier des parents ICI
- le site des auteur(e)s ICI (en anglais)
Et si la lecture du livre vous paraît étrange c'est normal, gardez en tête que c'est une traduction du canadien donc forcément certaines expressions sont locales. Le livre a une vingtaine d'années et oui depuis la mode a bien changée... (Comment ça heureusement ?!)
Bienvenue dans la parentalité consciente
Par ordre d’apparition à l’image : Rudolf Steiner (1861 – 1925), Maria Montessori (1870 – 1952), Janus Korczak (1878 – 1942), Célestin Freinet (1896 – 1966), Françoise Dolto (1908 – 1988),Haim G Ginott (1922 – 1973), Alice Miller (1923 – 2010), Aletha Solter (1945 - ), Catherine Dolto (1946 - )... Et la liste est loin d’être exhaustive. Un point commun : l’enfant. Toutes ces personnes ont en effet consacré leur carrière professionnelle et personnelle à l’enfant à essayer de démontrer chacun à leur façon que l’humain ne devient pas « intelligent », « capable », « sociable » en devenant adulte mais qu'il né déjà avec toutes ces facultés. A regarder les dates de naissance, on peut déjà répondre aux mauvaises langues : « Et non, tout ça n’est pas nouveau ! » Je serai curieuse de savoir combien de personnes croient que Maria Montessori fait encore des conférences et intervient dans les écoles du monde entier !
Si le respect de l’enfant n’est pas une théorie nouvelle, ce qui est nouveau en revanche c’est sa diffusion à plus ou moins grande échelle. Montessori, Korczak œuvraient dans leur cercle proche avec les moyens de communication dont ils disposaient à l’époque c’est-à-dire pratiquement rien. Heureusement que ces gens-là écrivaient pour laisser une trace de leur travail. Aujourd’hui avec Internet tout devient ultra facile.
C’est d’ailleurs en partie grâce à Internet que j’ai adopté cet état d’esprit. Avant d’être enceinte, je prenais Françoise Dolto pour une folle, je me disais qu’elle allait beaucoup trop loin et que ses idées étaient même dangereuses !! Dans mon entourage, une femme en devenant maman avait acheté la panoplie complète de la « maman bio-écolo-maternante ». Une fois toutes les critiques dites, il a bien fallu reconnaître que 1) ce n’était pas si stupide que ça et que 2) son bébé était certainement le bébé le plus éveillé de la région ! Ma sœur, de son côté, avait entamé des études d’éducatrice de jeunes enfants, et du coup m’a sensibilisée au fait que l’enfant n’était pas nécessairement l’ennemi à abattre, qu’il avait des sentiments et des envies comme n’importe quelle personne mais pas un cerveau suffisamment développé pour se raisonner tout seul. Ah mais alors Dolto, elle est pas si folle que ça ? Ben non ! C’est fou, comme on est de suite plus réceptif quand le conseil vient d’une personne désintéressée. Enceinte, déjà sensibilisée par le bio et le naturel, je lisais Grandir Autrement. Vu la charte du magazine, il n’a pas fallu longtemps pour que j’adopte les principes d’écologie et de maternage proximal. Une fois Gabriel dans mes bras, il n’a pas fallu longtemps encore pour que j’adopte définitivement les principes d’éducation non violente et respectueuse. A partir de ce moment, je suis devenue une pro du surf, profitant de l’immensité d’Internet pour trouver les ressources dont j’avais besoin.
Beaucoup de lectures ont bien entendu suivi, d’où mon interminable digression. Une introduction s’imposait à ce qui va suivre...
Avant les deux ans de Gabriel, je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’entrer en conflits avec lui, vu qu’il prenait les contraintes quotidiennes avec le sourire et qu’il n’y a jamais eu de problème pour lui faire manger toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Or, rien jamais ne dure... Et depuis quelques temps maintenant, c’est plutôt rare quand tout marche comme sur des roulettes et dans ces moments-là où je penche dangereusement vers le côté obscur de la force, je m’accroche à mon radeau de sauvetage, ma bible, mon nouveau livre de chevet, ma super nanny à moi : « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ».
(suite au prochain épisode...)
Un livre à offrir [1]
Souhaiter la bienvenue à un bébé, être invité à un baptême, à un anniversaire, à un repas de famille... Les occasions ne manquent pas pour offrir un livre en cadeau. De mon côté, quand ce genre d’évènement m’arrive, en plus d’offrir les livres testés et approuvés par Gabriel, je contribue aussi joyeusement à l’épuisement du stock de ce livre-ci.
La journée des bébés animaux, Collectif,
Actes Sud, 13,20 euros, 9782742792245
Lisez l'avis d'Histoire de Lectures, et visitez la page du livre sur le site des éditions.
Je l’ai moi-même offert à mon neveu pour son premier anniversaire. Il n’a pu vraiment en profiter qu’à partir de 18 mois mais l’a usé jusqu’à la corde. Personnellement j’aime le format carré facilement préhensible, le fait que ce soit un imagier photos, magnifiques de surcroît, le nombre élevé de pages qui peut être un critère de qualité quand il s’agit de faire un cadeau. Comme Histoire de lectures, j’apprécie également le classement original selon les activités de la journée du tout-petit (manger, dormir, jouer...) et enfin qu’il convienne aussi bien à une petite fille qu’à un petit garçon.
Petit détail technique en conclusion : ce livre n’est pas une nouveauté, il y a donc fort peu de chance pour que vous le trouviez en rayon en librairie (encore moins de chance dans une grande surface culturelle). Comptez donc une petite dizaine de jours pour le recevoir. Peut-être qu’Amazon fait mieux en terme de délai mais ça reste encore à prouver car si le livre n’est pas dans leurs entrepôts, Amazon fait comme n’importe quel autre libraire : il commande le livre aux éditeurs...
De retour de la bibliothèque [2]
Entre les nouveautés de la librairie et les trouvailles de la bibliothèque, les livres défilent dans la bibliothèque de Gabriel mais ne se ressemblent pas. Petit bilan de l’emprunt du mois.
La poule, Christian Havard,
Milan, 9,90 euros, 9782745900975
Gabriel, comme je pense la majorité des enfants de son âge, est fan de tous les animaux. Des très petits comme les fourmis ou les gendarmes aux plus gros comme les éléphants ou les baleines, en passant par les moyens comme les poules ou les chats. N’ayant pas d’animaux à la maison, (pour plusieurs raisons diverses et variées), Gabriel peut compenser son attrait pour les animaux dans les livres et chez l’assistante maternelle qui héberge six poules qui évoluent en semi-liberté dans son jardin. Mon petit homme est le seul enfant à pouvoir les caresser. Alors imaginez sa joie quand il a vu que j’avais ramené tout un poulailler à la maison !! Comme je le disais ICI, les éditions Milan en connaissent un rayon en matière de pattes. Sincèrement, je ne trouve rien à redire à ces documentaires : les photos sont superbes, la mise en page est soignée et intelligente, le texte est court et divertissant, le prix est raisonnable. Bonne pioche donc !
Les funambules, Eléa Pok,
Didier Jeunesse, 9,90 euros, 9782278049332 (épuisé)
J’ai choisi Les funambules un peu par dépit et peut-être que je n’aurais pas dû car Gabriel ne s’y est pas du tout intéressé. Je voulais voir comment il réagissait face à un univers graphique différent de celui dont il a l’habitude. Ma première erreur a été sûrement de ne pas l’avoir amené avec moi pour choisir lui-même ses livres ; mais trop de choix... tue le choix. Pour l’instant, Gabriel se contente de courir dans les rayons, et quand il se pose enfin, son jeu préféré est d’enlever tous les livres des bacs... Du coup, le choix, il le fait à la maison ! Ce qui m’a plu moi dans Les funambules c’est d’abord la conception graphique. Je m’efforce d’ouvrir mon esprit à des formes d’art que j’aurais refusé avant. Et ce travail manuel, ce petit bricolage avec un fil de fer, de la pâte à sel, et autres petites bricoles, je me suis dit « pourquoi pas ». L’atmosphère y est douce et vivante à la fois. Enfin, l’histoire est une vraie histoire dans la mesure où on n’y trouve aucun message « éducatif ». Une histoire qui pourrait être un rêve qu’on aurait fait et que l’on raconterait à son réveil.
Le lièvre qui avait de grands pieds, Catherine Rayner,
Grund, 9,95 euros, 9782278049332
Cet album propose une histoire bien sympathique sur l’estime de soi. J’aime particulièrement les illustrations (mélange d’aquarelle et de dessin au crayon). L’histoire est bien menée, ni trop longue, ni trop courte, elle saura être appréciée des petites oreilles dès 3 ans. Gabriel n’a pas accroché, il a juste regardé les images à quelques reprises et puis l’a délaissé dans la bibliothèque. Il ne m’a même pas demandé de le lui lire. Mais je crois que ce lièvre qui apprend à grandir et à s’apprécier reviendra faire un séjour dans notre bibliothèque quand Gabriel sera prêt à écouter son histoire.
Russell le mouton, Rob Scotton,
Nathan, 13,00 euros, 9782092508152
Une histoire pleine d’humour sur les difficultés de l’endormissement. Un mouton qui n’arrive pas à s’endormir ? C’est un comble non ? Alors, au final, après avoir essayé toutes les solutions possibles et (in)imaginables, il finit par... je vous le donne en mille ! Ben oui, compter les moutons ! En somme, une histoire pétillante qui ne donne pas sommeil du tout ! Personnellement je suis tombée sous le charme de la bouille irrésistible de Russell (le mouton) avec son bonnet de nuit à rallonge et son doudou grenouille. Gabriel lui n’a pas semblé partager mon enthousiasme, mais comme son copain le lièvre aux grands pieds, Russell viendra refaire un tour par chez nous dans quelques temps !
Les petits peintres nus, Moon Seung-Yeoun (texte), Suzy Lee (illus)
Sarbacane, 13,50, 9782848652382
Voilà un album comme je voudrais en trouver plus souvent... Une histoire très saine dans laquelle la vie quotidienne est faite de (petites) bêtises, de (grands) rêves, de (pénibles) tâches à exécuter, de (sonores) rires aux éclats. Les illustrations sont sublimes. J’aime tout particulièrement la délicatesse de l’auteur à faire de la nudité une chose naturelle. Un très bel album donc que Gabriel a réclamé de nombreuses fois même s’il voulait qu’on lui lise seulement les premières pages, les images semblant lui suffirent pour les autres.
Il est temps à présent de ramener nos locataires dans leur rayon de bibliothèque. D’autres prendront leur place... La suite au prochain épisode donc !
























































